La commune d’Itsahidi dispose désormais d’un centre d’orientation et d’insertion professionnelle. Cette structure entend rapprocher les services d’orientation et d’accompagnement professionnel des jeunes de la région.

 

La cérémonie d’inauguration du centre d’orientation et d’insertion professionnelle Sowo la Hazide de Fumbuni a eu lieu le vendredi 31 juillet dernier. Elle a été ouverte par le maire du chef-lieu de la commune d’Itsahidi, Ali Boinaheri. Dans son allocution, l’édile s’est dit fier d’accueillir cette nouvelle infrastructure destinée, selon lui, à offrir aux jeunes de la commune de nouvelles perspectives pour construire leur avenir. Ali Boinaheri a salué l’engagement du gouvernement de l’Union des Comores et de l’Union européenne, dont l’appui a permis l’acquisition de ce centre.

Le maire a également réaffirmé la disponibilité de la commune à accompagner la jeunesse dans ses projets professionnels. Il a notamment appelé les jeunes, quel que soit leur niveau d’études, à se rapprocher des conseillers d’orientation afin de bénéficier d’un accompagnement adapté à leurs ambitions et à leurs besoins. 
Prenant la parole à son tour, le directeur du projet Msomo Nahazi, Nouroudine Abdallah, a exprimé sa satisfaction de voir aboutir ce projet qui vient, selon lui, clore l’agenda du programme.

«Ce centre est le dixième et dernier de notre agenda et représente une dimension plus importante de l’avenir de notre pays», a-t-il déclaré, avant de préciser que le programme a permis la construction de deux centres à Mwali, trois à Ndzuani et cinq à Ngazidja. Pour le responsable du projet, la construction des infrastructures ne constitue toutefois qu’une première étape. 

Les jeunes sont le levier du développement économique du pays

Il estime nécessaire de mieux structurer et équiper ces centres afin qu’ils puissent pleinement jouer leur rôle de proximité auprès des jeunes. Les bénéficiaires pourront notamment y être accueillis, orientés, écoutés et accompagnés dans leurs démarches d’insertion professionnelle. Cela peut aller de la rédaction d’un curriculum vitae à la recherche d’un stage ou encore à la définition d’un projet professionnel.

Cette proximité doit permettre aux jeunes de ne plus être obligés de se rendre à Moroni pour accéder à ce type de services. Nouroudine Abdallah a, par ailleurs, appelé les partenaires et le gouvernement à ne pas considérer ces dix centres comme une finalité. Il juge souhaitable d’étendre progressivement le réseau à l’ensemble des dix-huit préfectures du pays afin d’offrir davantage de possibilités aux jeunes.

«Les jeunes sont le levier du développement économique du pays», a-t-il rappelé. Pour sa part, le chargé d’affaires de l’Union européenne aux Comores, Pavlos Evangelidis, a souligné le caractère stratégique du choix de Fumbuni pour accueillir ce centre. La ville constitue, selon lui, un carrefour important reliant les différentes îles de l’archipel. Il estime que le centre peut contribuer à apporter des réponses au problème du chômage des jeunes, en leur permettant notamment d’être mieux orientés vers les opportunités correspondant à leurs compétences et à leurs aspirations.

Le programme Msomo Nahazi, financé par l’Union européenne à hauteur de 9 millions d’euros, doit prendre fin en octobre prochain, a rappelé le représentant européen. Dans cette perspective, il a appelé les bénéficiaires, notamment le gouvernement comorien, à prendre le relais afin de garantir la pérennité des acquis du programme. Le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, a eu le mot de la fin. Il a présenté l’inauguration de Sowo la Hazi comme l’aboutissement d’une ambition nationale visant à renforcer l’orientation et la formation professionnelle.

Le ministre a souligné l’implication de l’État comorien dans le projet, notamment à travers le déploiement de conseillers d’orientation qui sont des fonctionnaires. «En déployant ces fonctionnaires pour travailler dans ces centres, c’est aussi assurer en partie la pérennité du projet», a-t-il indiqué. Bacar Mvoulana a également affiché l’ambition de parvenir à une répartition de 40 % pour la formation professionnelle et 60 % pour l’enseignement général, afin de ne laisser aucun territoire en marge du développement des compétences. 


Pour le ministre, la formation de jeunes qualifiés constitue un levier essentiel du développement économique. «Nous avons besoin de techniciens capables de répondre aux demandes des entreprises nationales et internationales», a-t-il souligné.