Ouwess Younoussa a transformé une activité de vente de téléphones en entreprise de réparation. Porté par la persévérance, l’apprentissage en ligne et l’appui familial, il encourage les jeunes.

 

À seulement 27 ans, Ouwess Younoussa a su transformer une passion héritée de sa famille en une véritable activité entrepreneuriale. Originaire d’Oussivo, ce jeune commerçant a d’abord fait ses premiers pas dans la vente de téléphones, d’écrans et d’accessoires avant de se faire une place dans le domaine de la réparation. Un parcours marqué par la persévérance, l’apprentissage en autodidacte et la volonté constante d’aller de l’avant.


Après l’obtention de son baccalauréat en 2018-2019, Ouwess décide de se consacrer entièrement au commerce. Un choix qui ne doit rien au hasard. “Ma mère était commerçante. Étant le plus jeune de la famille, je me suis dit que je devais suivre ses pas”, confie-t-il. En 2020-2021, il effectue un voyage à Dubaï. À son retour, il ramène des téléphones, des écrans et divers accessoires qu’il commence à commercialiser. Très vite, il comprend l’importance des réseaux sociaux pour développer son activité. «J’ai créé des comptes Facebook, Instagram et WhatsApp, puis j’ai commencé à vendre en ligne», raconte-t-il. Deux ans plus tard, son frère rejoint l’aventure. Informaticien de formation, ce dernier maîtrise le déblocage des téléphones, le dépannage informatique et l’installation de logiciels. 


À l’origine, les deux frères avaient envisagé de travailler ensemble, mais le projet tarde à se concrétiser. Finalement, lorsqu’une précédente collaboration ne fonctionne pas, son frère loue un local et l’appelle à le rejoindre. «Il m’a dit de venir travailler avec lui. Moi je faisais ce que je savais faire, lui faisait ce qu’il maîtrisait», explique Ouwess. C’est à cette période qu’il découvre progressivement le monde de la réparation. Les opérations de déblocage l’obligent à ouvrir les appareils et à se familiariser avec leurs composants. «Certains téléphones ont une sécurité élevée qui nécessite un test point. Il faut ouvrir l’appareil avec un tournevis pour intervenir.

C’est comme ça que je suis entré dans le domaine de la réparation», précise-t-il. Son parcours connaît toutefois un coup d’arrêt lorsqu’il est victime d’un accident qui blesse gravement sa main droite. Contraint de se rendre à Madagascar pour suivre un traitement, il revient avec une nouvelle détermination. Désormais, il se concentre davantage sur la réparation de téléphones. Aujourd’hui, Ouwess remplace les pièces défectueuses comme les écrans, les batteries, les connecteurs de charge ou toute autre pièce interchangeable. En revanche, les interventions nécessitant de la soudure ou des réparations complexes sur les cartes électroniques restent du ressort de techniciens spécialisés.

Ne pas perdre espoir

Autodidacte, il reconnaît avoir beaucoup appris grâce à Internet. «Lorsqu’un téléphone me paraît difficile ou que je ne l’ai jamais ouvert, je prends son modèle, je fais des recherches sur Google ou YouTube, j’apprends la méthode, puis je reproduis les gestes en suivant la vidéo», explique-t-il. En parallèle de la réparation, il poursuit son activité de vente de téléphones, d’écrans et d’accessoires sur commande. Malgré les défis du métier, Ouwess affirme s’y épanouir pleinement. «Il n’y a pas de travail facile. Certains clients comprennent, d’autres non. Il faut surtout savoir communiquer avec eux et instaurer une relation de confiance» estime-t-il. L’entrepreneur ne manque pas d’ambition. Il envisage déjà d’investir dans d’autres secteurs, sans pour autant abandonner son activité actuelle.


Pour lui, la réussite repose avant tout sur la persévérance. Il encourage particulièrement les jeunes qui rencontrent des difficultés scolaires à ne pas perdre espoir. « Il ne faut jamais se décourager. Il faut croire en soi et avoir confiance dans ce que l’on fait. Le travail manuel est tout aussi important. On peut avoir un baccalauréat et exercer un métier manuel. Il n’est pas obligatoire de travailler dans un bureau. Il existe énormément d’opportunités aux Comores», affirme-t-il.


Il adresse également un message aux jeunes diplômés revenus de l’étranger. Selon lui, l’entrepreneuriat constitue une voie à explorer autant que les emplois administratifs.
Enfin, Ouwess insiste sur le rôle déterminant de son entourage, en particulier celui de son frère. «Sans lui, cela aurait été beaucoup plus compliqué. C’est lui qui a pris en charge le local au début. Je lui en suis très reconnaissant. Même le nom «Cyber Yassine» est une manière de lui rendre hommage», confie-t-il. Les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une place essentielle dans son développement. Encouragé par une amie installée en France à participer à une foire réseau, il a compris tout le potentiel de la communication et s’est fait un nom aussi. Ouwess publie régulièrement des vidéos montrant le remplacement d’écrans ou la réparation de téléphones afin de gagner en visibilité et d’attirer de nouveaux clients.