Lancé à Mutsamudu par le Collectif du patrimoine des Comores, le chantier-école Ujumbe 2026 formera durant trois mois dix jeunes aux métiers traditionnels de la restauration patrimoniale.
Le Collectif du patrimoine des Comores (Cpc) a officiellement lancé, à Mutsamudu, le chantier-école Ujumbe 2026. Pendant trois mois, dix jeunes issus de Ndzuani et de Ngazidja seront formés aux métiers traditionnels de la restauration du patrimoine. La cérémonie d’ouverture a réuni les partenaires du projet, les autorités locales ainsi que les apprentis retenus pour cette nouvelle promotion.Organisé au siège du Cpc, le lancement a été suivi d’une visite du chantier du palais des sultans Ujumbe et de la maison princière Swaniani, deux édifices emblématiques du patrimoine historique de Mutsamudu.Cette quatrième édition marque un tournant dans l’histoire du programme. Contrairement aux précédents chantiers-écoles, limités à deux semaines, la session 2026 se déroulera sur trois mois.
Les stagiaires, engagés pour la plupart dans des associations œuvrant à la sauvegarde des villes historiques inscrites dans le dossier des Sultanats historiques des Comores à l’Unesco, seront formés à la maçonnerie patrimoniale, à la menuiserie traditionnelle, aux techniques de la chaux et à la conservation des décors architecturaux.Présentant les objectifs du projet, le directeur du chantier Ujumbe 2026, Dr Ibraza Oumar, a insisté sur l’importance de cette formation. «Durant les deux à trois prochains mois, dix jeunes stagiaires, dont six originaires de Ndzuani et quatre de Ngazidja, auront l’opportunité d’apprendre les métiers traditionnels de la restauration du patrimoine. Encadrés par notre ingénieure Oumratti Ali Oicheikh ainsi que par des maîtres maçons et maîtres charpentiers de Zanzibar et des Comores, ils acquerront des compétences en maçonnerie patrimoniale, charpente, techniques de la chaux et conservation des décors architecturaux», a-t-il expliqué.
Le responsable s’est également félicité de la forte présence féminine au sein de cette promotion. «Je me réjouis également que la moitié des stagiaires soient des femmes, ce qui traduit notre engagement en faveur de l’égalité des chances», a-t-il souligné. Pour Ibraza Oumar, la transmission des savoir-faire constitue un enjeu majeur. «Préserver notre patrimoine passe par la transmission des savoir-faire à une nouvelle génération d’artisans qualifiés. Former ces jeunes, c’est leur offrir un métier durable, créer des emplois pérennes et redonner toute sa valeur à notre artisanat local», a-t-il déclaré, estimant que ce chantier est « bien plus qu’un simple projet de restauration».
De nouvelles perspectives
La présidente du Cpc, Fatima Boyer, a appelé les jeunes à mesurer la portée de l’inscription récente d’une partie du patrimoine comorien sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
«Chaque Comorien, où qu’il se trouve, doit devenir un ambassadeur de notre patrimoine. Nous devons nous souvenir de deux dates majeures : le 6 juillet 1975, celle de l’indépendance, et le 25 juillet 2026, marquant l’inscription de notre patrimoine sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco», a-t-elle affirmé.Selon elle, cette reconnaissance internationale ouvre de nouvelles perspectives. «Cette reconnaissance est une fierté, mais elle nous engage collectivement. Elle représente surtout une formidable opportunité pour les jeunes, à travers la création d’emplois et de nouvelles formations», a-t-elle ajouté.
Le maire par intérim de Mutsamudu, Boul-yas Said Bacar, a salué une initiative porteuse de développement local. «Le lancement de ce chantier-école constitue une étape importante. Il permettra de restaurer des édifices emblématiques de notre histoire tout en transmettant des savoir-faire traditionnels à une nouvelle génération d’artisans», a-t-il déclaré. Pour l’édile, la préservation du patrimoine est «une responsabilité collective qui nécessite l’engagement de tous».Ouvrant officiellement le chantier, la déléguée chargée du Tourisme au gouvernorat de Ndzuani, Tislam Mohamed, a rappelé l’importance stratégique de ces métiers. «Ces métiers participent directement à la sauvegarde de notre identité. Grâce aux efforts consentis, notre patrimoine bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance à l’Unesco. Nous espérons que cette dynamique se poursuivra afin de préserver durablement notre héritage culturel», a-t-elle déclaré.




