Le nombre de personnes condamnées à la peine capitale et en attente d’exécution ne cesse d’augmenter dans le pays. En 2025, elles étaient 14 à séjourner dans les couloirs de la mort. Aujourd’hui, ce chiffre est passé à 19 condamnés, dont une femme.  Selon des sources pénitentiaires concordantes, ces 19 détenus sont répartis dans différents établissements carcéraux du territoire national. À la maison d’arrêt de Koki, trois personnes, dont deux femmes, sont actuellement détenues : l’une a déjà été condamnée à la peine capitale par le parquet de Mutsamudu, tandis qu’une autre attend encore son procès.

À Mwali, le seul détenu condamné à mort qui se trouvait à la prison de Badjo a récemment été transféré à Moroni pour des raisons de sécurité.Ce nombre pourrait encore augmenter, notamment après le meurtre récent de la jeune Naïcha Mmadi Abdou Milendjé, originaire de Fumbuni. La découverte de son corps, quatre jours après le signalement de sa disparition, a profondément bouleversé l’opinion publique. Cette situation relance le débat sur l’application effective de la peine de mort dans le pays, alors que la dernière exécution remonte à plus de vingt-cinq ans. Parmi les condamnés, la majorité serait âgée de moins de 30 ans, un constat jugé préoccupant par plusieurs observateurs du système judiciaire et carcéral du pays. Cette forte proportion de jeunes soulève des interrogations sur les causes profondes de la criminalité, notamment la délinquance, le désœuvrement, la précarité sociale et le manque de perspectives.

Une réponse nécessaire face aux crimes les plus graves

Malgré les condamnations prononcées par les juridictions compétentes, l’absence d’exécutions depuis plus d’un quart de siècle traduit une forme de moratoire de fait sur la peine capitale. Les condamnés continuent ainsi de vivre dans l’attente de l’application de leur sentence. La peine de mort demeure toutefois en vigueur dans le pays, malgré plusieurs tentatives visant à son abolition. La dernière remonte à décembre 2022, lorsqu’un amendement introduit dans le projet de nouveau Code pénal proposait sa suppression. Celui-ci avait cependant été rejeté à l’unanimité par les députés. Le débat continue néanmoins d’alimenter les discussions dans les espaces publics. Si certains plaident pour l’abolition définitive de la peine capitale, d’autres estiment qu’elle reste une réponse nécessaire face aux crimes les plus graves. Le sujet continue ainsi de diviser l’opinion publique ainsi que les acteurs du monde judiciaire de la place.