Le maire de la commune de Mwambasa, Ahamadi Aydjo Madi Ridhi, a adressé une note à l’intention de la gouverneure de Mwali, Chamina Ben Mohamed, portant « mise en demeure publique du petit port de Hoani». Ce responsable communal dit «constater avec préoccupation le silence persistant du gouvernorat de l’île concernant la gestion et l’utilisation de recettes générées par ce lieu maritime».
Il a tenu à rappeler que le petit port de Hoani situé dans sa commune est un lieu d’où partent et reviennent des vedettes qui font les liaisons Mwali-Ngazidja (c’est à dire de Hoani-Shindini). «Etant implanté sur le territoire de Mwambasa, la Commune exige que toute la lumière soit faite sur le fondement juridique de sa gestion, la perception des recettes, leur destination ainsi que les investissements réalisés ou envisagés, notamment pour la sécurité et la réhabilitation de l’ouvrage», a expliqué le maire.
À ce jour, il affirme ne pas disposer d’une estimation chiffrée suffisamment fiable pour annoncer un montant précis des recettes et des dépenses. En revanche, cet élu estime que les ressources générées par cette infrastructure sont loin d’être négligeables. «Elles représentent un potentiel financier important pour le développement de notre commune. C’est précisément pour cette raison que nous demandons aujourd’hui que toute la lumière soit faite sur la gestion», a-t-il avancé, avant d’exclure toute volonté de confrontation directe ou de conflit avec le gouvernorat. Sa démarche repose, selon lui, sur une question de transparence et de responsabilité. «Si des ressources sont générées sur le territoire communal, dans quel cadre sont-elles collectées, gérées et affectées, et quelle place est-elle réservée aux intérêts de la commune et de sa population», s’est-il interrogé.
«Demander officiellement des comptes»
Contacté au téléphone, le maire Ahamadi Aydjo Madi Ridhi a réaffirmé avec fermeté sa détermination à «défendre jusqu’au bout les droits, les intérêts matériels et institutionnels de la Commune et de sa population». Il ajoute : «La commune ne réclame aucun privilège. Elle réclame la transparence, la légalité et le respect de ses droits», a-t-il déclaré, avant de conclure : «nous constatons que les ressources liées au petit port continuent de susciter des interrogations, alors qu’elles pourraient contribuer à répondre à plusieurs besoins urgents de notre commune notamment dans le domaine d’infrastructures, voirie, assainissement, équipements collectifs, développement économique et amélioration des services à la population. On a estimé qu’il était désormais temps de sortir du silence et de demander officiellement des comptes».
En l’absence de la gouverneure de l’île, en voyage à l’étranger, nous avons rencontré le secrétaire général du gouvernorat de Mwali, Dr Mouayadi Saïd Ali, hier, lundi 27 juillet, dans son bureau pour recueillir sa réaction. Cependant il a avoué ne rien connaître sur cette situation. «Je vous contacterai pour plus des informations», dira-t-il. Pour rappel, la gestion des ressources liées au petit port de Hoani n’est pas un cas isolé. L’île de Mwali est composée de trois régions réparties en cinq communes. La plupart de ces cités génèrent des recettes importantes. Cependant leur gestion reste un mystère ignoré par bon nombre d’administrés.


