Une technopole numérique vise à former des compétences, moderniser l’administration et faire du numérique une évolution. C’est ainsi que le ministre des Télécommunications a réaffirmé l’engagement total du gouvernement à accompagner ce projet et à faire émerger une génération de champions du numérique comorien, appelés à «vulgariser et démocratiser» les usages numériques au bénéfice de l’ensemble de la population.
La phase pilote du Technopôle numérique de l’Union des Comores a été officiellement lancée ce jeudi 29 janvier au Palais du peuple, lors d’une cérémonie réunissant plusieurs membres du gouvernement, des responsables des télécommunications, des partenaires techniques dont la société Huawei, ainsi que des étudiants de l’Institut universitaire de technologie (Iut). Au nom du ministre de l’Éducation nationale, la ministre de l’Information, Fatima Ahamada, a salué une initiative qu’elle qualifie de «vision et d’ambition pour l’avenir du pays».
Pour elle, le numérique constitue une opportunité stratégique pour un pays jeune et insulaire comme les Comores, permettant à la fois de dépasser les contraintes géographiques, de moderniser les services publics et d’offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse. «Ce que nous inaugurons aujourd’hui n’est pas seulement un projet, mais un pas décisif vers l’avenir de notre pays», a-t-elle déclaré, soulignant le rôle central de l’éducation nationale dans la formation de compétences qui est pour elle, «capables de concevoir, développer et maintenir des solutions numériques locales».
S’adressant particulièrement aux étudiants de l’Iut, la ministre de l’Information les a présentés comme les futurs ingénieurs, développeurs et entrepreneurs. Elle les a alors appelés à porter la souveraineté numérique des Comores. La porte-parole du gouvernement a également insisté sur l’importance pédagogique du technopôle, qui s’inscrit, selon toujours elle, dans la volonté de renforcer l’enseignement technique et professionnel, de valoriser la pratique et de rapprocher la formation du monde du travail.
Elle a réaffirmé l’engagement du ministère de l’Éducation nationale à «adapter les programmes aux évolutions technologiques, encourager la recherche appliquée et soutenir les établissements de formation». De son côté, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Oumouri Mmadi Hassani, a rappelé que ce projet traduit la volonté du gouvernement de faire du numérique un véritable levier de souveraineté, de création d’emplois et de croissance inclusive, et non un simple outil de consommation technologique.
Selon lui, la vision du chef de l’État repose sur la formation de compétences locales, la rétention des talents, la modernisation de l’administration et la construction d’une économie fondée sur le savoir et l’innovation.
«Pour un pays insulaire comme le nôtre, le numérique est une réponse stratégique aux défis du désenclavement, de l’efficacité administrative et de la compétitivité économique», a-t-il souligné, précisant que le Technopôle numérique a pour mission de structurer un écosystème fondé sur la formation pratique, l’innovation et l’entrepreneuriat local.
«La phase pilote lancée cette semaine se veut opérationnelle, mesurable et orientée vers les résultats», insiste-il avant d’ajouter que «les étudiants de l’Iut en sont les premiers bénéficiaires, mais aussi les premiers acteurs, appelés à concevoir et déployer des solutions numériques adaptées aux réalités comoriennes et conformes aux standards professionnels».
Le ministre a tenu à préciser que le technopôle s’inscrit dans une vision à moyen et long terme, avec l’ambition de devenir un pôle national d’excellence. L’un des porteurs du projet, Rahmata Said, issue de l’Iut, a exprimé son espoir de voir ce projet constituer une «première pierre» pour les générations futures. Elle a souligné que cette initiative permet à toute une génération de jeunes formés localement de croire en leurs capacités d’innover et d’agir concrètement pour l’avenir numérique du pays.
Parmi les actions déjà engagées figurent la mise en place d’une application intégrée de gestion des ressources humaines, incluant le pointage par badge magnétique et l’archivage numérique. Des caravanes numériques sont également en cours de lancement afin de sensibiliser les administrations, les établissements scolaires et les différentes régions aux usages du numérique et de l’intelligence artificielle de manière simple et pratique. D’autres applications, adaptées aux besoins et réalités du pays, sont actuellement en phase de conception.
Clôturant la cérémonie, le ministre des Télécommunications a réaffirmé l’engagement total du gouvernement à accompagner ce projet et à faire émerger une génération de champions du numérique comorien, appelés à «vulgariser et démocratiser» les usages numériques au bénéfice de l’ensemble de la population.




