Le deuxième congrès national du mouvement politique Naribakishe Yi Komori aura lieu en ce mois d’août, à Ndzuani. A cette occasion, les travaux d’élaboration du projet «Mradi wa Ntsi», un projet de société, confié au Pôle politique, seront présenté aux militants et sympathisants du mouvement. À en croire Dini Nassur, le processus s’est appuyé sur une démarche de recherche-action associant les commissions thématiques, les responsables du mouvement ainsi que différentes compétences issues de la société civile. «Cette méthode a permis de croiser les analyses, d’identifier les principaux défis auxquels sont confrontées les Comores et de formuler des propositions cohérentes, réalistes et structurées», indique-t-il. 


Selon notre interlocuteur, ce projet politique repose sur une vision globale de la transformation du pays. «Il ne s’agit pas d’une juxtaposition de promesses sectorielles, mais d’une stratégie nationale cohérente articulée autour de grandes transformations», soutient-il. Le projet s’articule, d’après lui, autour de plusieurs priorités majeures, notamment la reconstruction de l’État et l’amélioration de la gouvernance publique, la relance de l’économie productive et de l’emploi, mais aussi le développement du capital humain à travers l’éducation, la santé et la formation, ainsi que la modernisation des infrastructures. Le projet s’est également penché sur la transition numérique et écologique, de même que le renforcement de la cohésion nationale et de la participation citoyenne. «L’objectif est de proposer une trajectoire de développement crédible, durable et mesurable, fondée sur les réalités du pays et les aspirations de sa population», fait-il savoir.

Une approche distincte

Pour cet ancien ministre de la Fonction publique, chargé des relations avec le parlement sous le régime de Saïd Mohamed Djohar, l’originalité du programme politique de son mouvement réside dans sa méthode d’élaboration. «Il est le fruit d’une démarche de recherche-action et d’une réflexion collective, plutôt que d’une simple logique de campagne électorale», précise-t-il.
Autre spécificité : ce programme s’inscrit dans un ensemble plus vaste. «Mradi wa Ntsi, le projet de la nation, constitue l’un des cinq Cahiers fondateurs de Naribarikishe Yi Komori. Il est complété par un corpus doctrinal, une charte de gouvernance, une méthode d’action publique et un pacte républicain avec les waKomori», explique-t-il. Le mouvement a, selon lui, privilégié une approche de long terme, fondée sur des orientations stratégiques, des priorités clairement identifiées et une culture de l’évaluation des politiques publiques. 


Selon lui toujours, les différents projets «des Cahiers fondateurs» seront soumis au débat, à l’amendement et à l’adoption lors du 2e Congrès national annoncé. Leur publication officielle interviendra après le congrès, une fois les amendements intégrés et les textes harmonisés. Sur le plan financier, Naribarikishe Yi Komori met en avant une approche fondée sur la responsabilité budgétaire. «Le développement des Comores doit s’appuyer d’abord sur une meilleure mobilisation de ses ressources nationales, complétée par des partenariats solides», affirme-t-il.Parmi les leviers envisagés figurent l’amélioration de la mobilisation des recettes publiques, la lutte contre les pertes, les gaspillages et les détournements de ressources, la réorientation des dépenses vers les investissements prioritaires, ainsi que la mobilisation de financements concessionnels auprès des partenaires internationaux. Le recours aux partenariats public-privé et à l’investissement privé national, notamment celui de la diaspora, est également évoqué.

 «Notre ambition n’est pas de promettre des dépenses supplémentaires sans fondement, mais de bâtir un modèle de développement fondé sur une gestion rigoureuse des ressources publiques, l’efficacité de l’action publique et la création de richesses au bénéfice de l’ensemble de la Nation», assure-t-il. Interrogé sur le fait que le budget du programme est présenté en euros plutôt qu’en francs comoriens, l’ancien porte-parole du gouvernement a répondu que ce projet s’adresse pourtant exclusivement aux waKomori.

«Le recours à l’euro comme unité de référence dans certaines estimations budgétaires répond à un souci de lisibilité et de comparabilité internationale. Les institutions financières, les partenaires techniques et financiers, ainsi que de nombreux investisseurs, utilisent cette monnaie comme référence dans leurs analyses économiques», explique-t-il. Dini Nassur précise toutefois que ce choix « ne modifie en rien la finalité du document, qui est entièrement consacré au développement des Comores», avant de conclure que «dans sa version définitive, les principales données financières seront également présentées en francs comoriens afin d’en faciliter l’appropriation par le public national».