À l’Alliance française de Moroni, un professeur de l’Université du Québec a expliqué les dangers méconnus des microplastiques, de leur production à leur ingestion, et a alerté sur leurs effets sanitaires et environnementaux inquiétants.

 

Les déchets plastiques représentent aujourd’hui une menace silencieuse mais omniprésente pour la planète. Vendredi 3 avril dernier, une conférence consacrée à leur genèse et à leurs impacts s’est tenue à l’Alliance française de Moroni. Elle a réuni experts et participants autour de cet enjeu majeur de santé publique et environnemental.Animée par Mouandhoime Zahahe Oulam, professeur associé au département de biochimie, chimie et physique à l’Université du Québec, cette rencontre a permis de retracer l’histoire du plastique, depuis son apparition au XIXe siècle dans le contexte de la révolution industrielle jusqu’à sa prolifération dans la vie quotidienne. « Le plastique est un matériau organique macromoléculaire constitué de longues chaînes appelées polymères.

Il est omniprésent dans notre quotidien, des vêtements aux bouteilles, en passant par les équipements électroniques et domestiques », a expliqué le conférencier. Accessible et facile à produire, ce matériau s’est imposé comme un pilier de la société moderne. Cependant, derrière cette praticité se cache une réalité préoccupante. Au fil du temps, les déchets plastiques se fragmentent sous l’effet de la chaleur et des éléments naturels pour devenir des microplastiques, invisibles à l’œil nu mais omniprésents dans l’environnement. Ces particules se retrouvent dans l’eau, les sols et l’air, et exposent directement les êtres humains. Le professeur a insisté sur les risques sanitaires liés à cette contamination. 

Une réalité préoccupante

Une fois ingérés ou inhalés, certains microplastiques ne peuvent être éliminés par l’organisme et peuvent favoriser l’apparition de maladies, notamment cardiovasculaires ou métaboliques. Il a également mis en garde contre certaines pratiques, comme la réutilisation inappropriée de bouteilles en plastique, qui peut accentuer les risques. L’impact environnemental est tout aussi alarmant. Les déchets plastiques finissent souvent dans les océans, où ils sont ingérés massivement par la faune marine, notamment les poissons et les tortues. Cette contamination remonte ensuite toute la chaîne alimentaire, jusqu’à l’homme. Malgré ce constat inquiétant, Mouandhoime Zahahe Oulam a salué les initiatives locales, notamment celles de jeunes engagés dans la transformation des déchets plastiques en produits utiles, souvent avec des moyens limités. Une lueur d’espoir dans un combat qui nécessite une mobilisation collective.