Une délégation gouvernementale a constaté jeudi l’avancement du chantier du port de Bwangoma, entre production des blocs, acheminement des roches et préparation de la phase d’installation prévue en septembre.

 

Une délégation gouvernementale s’est rendue, dans l’après-midi du jeudi 20 août, sur les différents sites, Mbangani et Domoni, liés au chantier du port de Bwangoma pour constater l’état d’avancement des travaux. La visite a notamment permis de faire le point sur la fabrication des blocs qui doivent servir à la construction du quai et sur l’acheminement des roches destinées au chantier.La délégation était composée notamment de la ministre des Transports, Yasmine Alfeine, de la gouverneure de l’île et de plusieurs membres du gouvernement. Elle a été conduite sur le site par Dr Abdoul Khafour, chef de chantier de la mission de contrôle assurée par la société allemande Inros Lackner.


Selon la ministre des Transports, le démarrage de la phase d’installation sur le site du port est désormais envisagé pour le mois de septembre. « C’est une grande satisfaction de constater cet état d’avancement. On a fait un grand pas », a-t-elle déclaré. Une partie importante du travail se déroule actuellement à Mbangani, où sont fabriqués les blocs qui seront utilisés pour le quai. 12 moules sont mobilisés et permettent, selon le chef de chantier, de produire jusqu’à douze blocs par jour. À ce jour, 247 blocs ainsi que 11 blocs de type X d’un volume compris entre 4 et 7 mètres cubes ont été fabriqués et sont stockés à Mbangani dans l’attente de leur acheminement vers le chantier principal.


Selon le chef de chantier, Dr Abdoul Khafour, cette production représente environ 15 % du volume total prévu pour ces éléments. L’objectif est d’atteindre 30 % de production avant de commencer à les transporter vers leur destination finale.Sept types de blocs destinés au quai sont actuellement concernés par la fabrication : A, B, B4, C, D, E et F. Les quantités annoncées sont respectivement de 22, 45, 20, 36, 32, 39 et 41 unités. En parallèle, l’acheminement des roches se poursuit par voie terrestre (lire notre édition du mercredi 19 août). Entre le 16 et le 20 août, 1 089 mètres cubes de roches ont été transportés de Domoni vers le chantier. Neuf camions d’une capacité de 10 m3 sont mobilisés pour cette opération, avec quatre rotations effectuées par camion chaque nuit.


Cette avancée intervient toutefois dans un contexte de retard par rapport au calendrier annoncé au départ. Selon le cahier des charges initial, l’infrastructure devait être inaugurée en août 2026. Le chef de la mission de contrôle reconnaît l’existence d’un retard d’exécution, justifié par la guerre en Iran (plusieurs lots de matériels sont bloqués aux Emirats arabes unis et en Somalie) tout en estimant que la partie essentielle du chantier progresse à un rythme soutenu. « Il y a certainement du retard dans l’exécution du projet, mais le cœur du chantier avance vite », a affirmé Abdoul Khafor. Selon lui, la structure principale du port repose notamment sur l’installation des roches et des blocs actuellement produits.

Et le carburant…

La cadence des travaux reste cependant exposée aux difficultés d’approvisionnement en carburant que connaît l’île. Les machines utilisées pour la production fonctionnent à plein régime, mais leur activité demeure tributaire à la disponibilité du stock de gasoil. Le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Aboubacar Saïd Anli, présent, a déclaré que « des dispositions avaient été prises pour éviter une interruption de l’activité ». L’entreprise aurait demandé 300 000 litres de gasoil afin de maintenir sa production. « En concertation avec la ministre des Transports, nous avons pris toutes les dispositions nécessaires pour garantir cet approvisionnement », a assuré le ministre. Selon lui, un bateau se trouvait à Ndzuani pour charger une importante quantité de carburant Le gouvernement entend ainsi maintenir le rythme de production et permettre le lancement de la prochaine phase du chantier au début du mois de septembre, comme annoncé par la ministre des Transports.

 

Nourina Abdoul-Djabar et Abdillahi Housni