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Port de Mutsamudu I Asc et la Scp se disputent la «petite » manutention

Port de Mutsamudu I Asc et la Scp se disputent la «petite » manutention

Société | -   Sardou Moussa

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Anjouan stevedoring company (Asc), chargée de la manutention au port de Mutsamudu, souhaite avoir le monopole de « la petite manutention » aujourd’hui sous l’autorité de fait de la Société comorienne des ports (Scp). Les malentendus pourraient être mis à l’appréciation du juge si un compromis n’est pas trouvé puisque depuis des années Asc avait ignoré «la petite manutention» mais veut dorénavant assurer la gestion en brandissant son statut de manutentionnaire exclusif de la plateforme portuaire

 

Le Port international Ahmed Abdallah Abderemane (Piaaa) de Mutsamudu n’en finit pas avec les bras de fer. Cette fois le torchon brûle entre la société manutentionnaire, Asc (Anjouan stevedoring company), et la Scp (Société comorienne des ports). La discorde porte sur la «petite manutention» du port (celle qui concerne les bateaux assurant le trafic national et régional, Madagascar et Tanzanie), jusqu’à présent gérée par la Scp, mais qu’Asc réclame enfin.

Manutentionnaire depuis 2003

Le lundi 13 février, la direction d’Asc a publié une note de service laconique, dans laquelle elle annonce sa reprise du secteur. «Nous avons l’honneur de vous informer qu’à compter de ce jour, Anjouan Stevedoring company Co Ltd s’occupera de la manutention des bateaux régionaux sur le petit et le grand quai», dit celle-ci, à l’attention des agences maritimes, de la Société comorienne des ports, ainsi que des ministères des Transports maritimes et aériens,  des Finances et de l’Economie. Puis, comme c’était déjà acquis, elle prie les armateurs de «faire le nécessaire» pour «faire parvenir les manifestes 48 heures avant l’arrivée du bateau et prendre contact avec notre département de comptabilité pour les tarifs applicables».


Anjouan stevedoring company s’occupe depuis 2003 de la manutention des cargos opérant dans le trafic international, et qui acheminent des marchandises conteneurisées ou pas au port de Mutsamudu. Son contrat de concession du port a été renouvelé deux fois, en 2009 puis récemment, au mois de septembre 2022. Pendant ces longues années, la société ne s’est jamais occupée de la « petite » manutention, mais demeurait toutefois persuadée que celle-ci lui revenait aussi de droit. «Asc l’avait laissée à la Scp car elle lui paraissait encombrante», nous explique un ancien conseiller de la boîte.

Un dialogue de sourds

Aujourd’hui, peut-être à cause de soucis financiers (le port reçoit moins de bateaux et un plan de dégraissage serait même envisagé par Asc), elle ne veut plus négliger un secteur qui peut lui apporter jusqu’à une dizaine de millions de francs par mois, d’après certains calculs.
Mais de son côté, la Scp ne se voit pas aussi facilement dépossédée un service qu’elle a fini par acquérir de facto. «Ce qui nous a le plus indisposé, c’est le fait que cette note tombe en ce moment précis où nous faisons face à une contestation des dockers, qui sont rejoints par les camionneurs et les commerçants.

 

Nous avons eu des discussions avec eux… Disons que c’est un secteur que nous gérons depuis des années… «, note d’abord le commandant du port, Aboubacar Houmadi. «Suite aux mouvements d’humeur [des dockers, camionneurs et commerçants] qui ont secoué le port dernièrement, nous avons tous été réunis dans des assises au ministère des Transports. Nous attendons toujours les décisions de la commission instaurée. Mais dans ces assises il y avait un représentant d’Asc et, à aucun moment, il ne nous a pas fait part de l’intention de sa société de reprendre la petite manutention», poursuit le cadre de la Scp.


Et de conclure ensuite par cette phrase : «Asc considère la petite manutention comme sienne, nous, de notre côté, on considère qu’elle nous appartient, parce que le règlement d’exploitation du port de Mutsamudu stipule clairement que cette petite manutention est du ressort de la Scp».
Dans le contrat de concession du port, signé entre Asc et l’Etat comorien au mois de septembre 2022, il est aussi stipulé une «mise en concession, à titre exclusif dans le port de Mutsamudu, du service public de manutention». La question pourrait donc être soumise à l’appréciation des juges, si Asc tient sérieusement à récupérer cette activité. Car la Scp n’a déjà pas obéi à son annonce, et ne compte apparemment pas le faire.

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