Jeune activement engagée, Chayima Mohamed entre dans notre série des portraits des femmes qui se distinguent dans leur parcours professionnel et militant (7/8). Elle s'llustre dans l’entrepreneuriat, le numérique et l’accompagnement des femmes. Son parcours mêle engagement associatif, initiatives économiques et projets dédiés à l’autonomisation des jeunes.

 

Chayima Mohamed s’impose progressivement comme une figure active de l’entrepreneuriat et du numérique aux Comores. Passionnée par les outils digitaux, elle a d’abord fait ses armes dans le milieu associatif à l’issue de son troisième cycle universitaire, avant de s’orienter vers le secteur professionnel.Ses premiers engagements la conduisent à l’association Mbae Trambwe, où elle occupe le poste de trésorière. Elle poursuit ensuite son parcours au sein de l’ONG Cap, puis devient responsable genre à l’ONG Salam. Cette expérience lui permet de participer à plusieurs programmes à l’échelle africaine, notamment le programme Iyefi, déployé entre la Zambie et le Zimbabwe, dont elle devient ambassadrice.

En 2020, elle intègre l’Union des chambres de commerce, d’industrie et d’artisanat (Uccia) des Comores, au sein du service d’incubation. Elle contribue alors à la mise en œuvre de projets comme «Djirume» et «Facilité emploi», orientés vers l’autonomisation des femmes rurales. À travers ces initiatives, plusieurs jeunes, femmes et hommes, parviennent à créer leurs propres activités dans des zones rurales.Après cette expérience, Chayima Mohamed rejoint Comor’Lab, un espace de co-working digitalisé, en tant que chargée de sensibilisation en marketing. Elle y poursuit notamment le suivi du projet Djirume et participe à la mise en place du projet «Nguzo mchindzi» depuis 2024, qui accompagne dix-sept jeunes femmes comoriennes dans la création et le développement de leurs entreprises.

Une expérience au service des autres femmes

Parallèlement, elle fonde sa propre structure, «Chay-Coaching», spécialisée dans l’accompagnement en ressources humaines, la gestion de projet et le coaching personnalisé. Cette initiative naît d’une rencontre professionnelle avec un consultant en ressources humaines. Dans cette dynamique, elle participe également à la mise en place du projet «U-champion» à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, visant à «accompagner les étudiants face au chômage».Son parcours suscite l’intérêt de plusieurs acteurs locaux. Anziz Koudra, président du Centre d’animation socio-culturelle de Moroni-Mtsangani, confirme ses qualités humaines et professionnelles, qu’il considère rares dans le contexte comorien. Il évoque également les perceptions parfois critiques auxquelles font face certaines jeunes femmes engagées, et regrette les étiquettes sociales qui peuvent freiner la reconnaissance de leurs compétences.