Pâtissière et agente engagée pour la protection de l’environnement au Parc national du mont Tringui à Ndzuani, Irsa Mohamed entre dans notre série de portraits démarrée à l’occasion de la journée internationale des femmes (2/5). Par son énergie et sa détermination, elle incarne cette génération de femmes qui refusent de choisir entre passion et engagement. Elle embrasse deux univers exigeants : la pâtisserie, à travers son activité Douceur d’un Ange, et la protection de l’environnement au Mont Tringui.
Âgée de 31 ans, Irsa Mohamed consacre sa vie à protéger l’environnement. Ce n’est pas tout, car cette native de Mutsamudu, à Ndzuani, mène une double vie. A part son hobby pour la protection de l’environnement, à travers ses activités au mont Tringui, c’est une pâtissière aguerrie qui travaille dans sa propre entreprise nommée «Douceur d’un ange». Dans son parcours professionnel, Irsa Mohamed a démissionné dans une banque de la place pour se consacrer à l’environnement. En plus de sa pâtisserie, elle est l’une des principales formatrices du centre Uesma, dont elle est également membre. Al-watwan l’a rencontrée à Mutsamudu, dans sa cuisine, en train de préparer des les commandes pour la fête de l’aïd.
Derrière les pâtisseries d’Irsa Mohamed se cache une femme consciente des défis que représente cette double vie. «C’est difficile et cela demande beaucoup d’organisation et de discipline. Mais ces deux activités sont aussi complémentaires. L’une fait sortir ma créativité, et l’autre me rappelle l’importance de préserver la nature. La nature m’inspire beaucoup. Les saisons peuvent influencer la manière dont je crée mes desserts et la présentation de mes plateaux», explique-t-elle.
La dimension écologique
Au fil du temps, elle a développé une vision où pâtisserie et environnement se lient autour de valeurs communes. Irsa Mohamed ambitionne de faire évoluer son activité pour répondre à une demande de plus en plus forte. « Il y a le respect, la patience et le soin du détail. Dans les deux domaines, il faut prendre le temps de faire les choses correctement et avec passion. Mon objectif est de continuer à développer Douceur d’un Ange, d’élargir mes offres et de toucher encore plus de clients. J’aimerais ouvrir un restaurant avec comme thème le tour du monde, pour faire découvrir les différentes saveurs des Comores et d’ailleurs », explique-t-elle.Pour la pâtissière, la dimension écologique reste une priorité. Elle envisage notamment «d’intégrer progressivement des pratiques plus responsables, comme la réduction des déchets ou l’utilisation d’emballages respectueux de l’environnement».
En ce mois de mars, Irsa Mohamed adresse un message aux jeunes femmes comoriennes. «Il faut croire en ses rêves et ne pas avoir peur de se lancer. Avec de la détermination et du travail, il est possible de créer son propre chemin. Ce qui me rend plus fière, c’est d’avoir réussi à construire mon activité malgré les doutes, les peurs et la fatigue », confie-t-elle. Interrogée sur sa devise et son parcours, la pâtissière a résumé son chemin en quelques mots, à savoir «passion, persévérance, assiduité et engagement».
Du côté de son entourage, parler d’Irsa Mohamed est tout aussi élogieux. Son amie proche, Nazida Ben Ali Allaoui, qui la connaît depuis 2012, n’a pas pu se retenir. «C’est une femme battante, aimable, serviable, avec un cœur en or. Irsa Mohamed s’est toujours distinguée par sa capacité à aller de l’avant. Elle arrive à gérer ses activités avec une énergie positive et forte, toujours de bonne humeur. Ce que je peux dire en tout cas, Irsa est capable de réaliser plein de choses de par ses activités actuelles», décrit-elle.
Sa détermination reste, pour ses proches, l’une de ses plus grandes forces. «Je lui souhaite en tout cas beaucoup de réussite dans tous ses projets, car elle le mérite vraiment, au vu de son travail et de sa détermination. Je suis convaincue qu’elle ira encore plus loin et qu’elle réalisera tous ses rêves grâce à sa persévérance», a souhaité, son ami proche, Nazida Ben Ali Allaoui.



