Engagée dans la promotion et la conservation du Parc national de Shisiwani depuis 2024, Sittina Issouf s’est, en à peine deux ans, imposée comme une figure incontournable de la sensibilisation pour la protection du littoral marin.
À seulement 21 ans, Sittina Issouf incarne le nouveau visage de l’engagement écologique à Ndzuani. Titulaire d’une licence en Sciences de la vie et de la terre obtenue à l’Université des Comores, sur le site de Patsy, cette passionnée de biodiversité a su transformer son stage au Parc marin de Bimbini en une véritable vocation de terrain. Aujourd’hui éco-garde au sein du Parc national Shisiwani, elle mène un combat quotidien, à la fois technique et communautaire.
Spécialiste des herbiers marins, elle sensibilise sans relâche les populations aux menaces qui pèsent sur l’équilibre côtier, notamment le braconnage des tortues vertes, l’extraction illégale de sable et la dégradation des mangroves. «Nous informons les citoyens des dangers que ces activités font peser sur l’équilibre marin, tout en mettant en avant les bénéfices de leur conservation. Les mangroves, par exemple, protègent les côtes en servant de barrière contre l’avancée de la mer», explique-t-elle.
Une présence active sur le terrain
Dans un domaine souvent perçu comme masculin, Sittina Issouf s’impose par sa détermination. Loin de se limiter à un rôle d’observatrice, elle se distingue par une présence active sur le terrain. Ses collaborateurs la décrivent comme une personne engagée, capable d’assumer simultanément des fonctions d’assistante administrative et de contribuer efficacement à la coordination des activités.Le conservateur du Parc national Shisiwani, Youssouf Ben Ali Abdallah, se dit impressionné par son implication, malgré la distance entre son lieu de résidence, Mutsamudu, et son site de travail à Bimbini. «Elle fait preuve d’une ponctualité exemplaire, d’une grande réactivité sur le terrain et d’un sens des responsabilités remarquable. La qualité et la régularité de ses rapports, souvent remis dans les délais, voire en avance, témoignent de son professionnalisme», souligne-t-il.
Pour la jeune éco-garde, le Parc national Shisiwani dépasse le simple statut d’aire protégée. Il joue également un rôle de régulation sociale, en encadrant les pratiques de pêche et en apaisant les conflits d’usage, afin de garantir ainsi la pérennité des ressources. Consciente des réalités économiques locales, elle insiste sur la nécessité d’accompagner la conservation par des alternatives durables. «Conserver est essentiel, mais proposer des solutions aux populations dont la survie dépend de l’exploitation des ressources naturelles est vital. Des familles entières vivent de l’extraction du sable», fait-elle remarquer. À l’horizon 2030, Sittina Issouf espère voir reculer les activités illicites au profit d’une cohabitation harmonieuse entre l’homme et la nature. Pour elle, «le Parc de Shisiwani est avant tout un symbole de résistance».





