El-had Saïd Omar et Toufé Maecha, respectivement directeur de la publication et journaliste de La Gazette des Comores, arrêtés et placés en garde ont été finalement été remis en liberté dans la soirée mardi 9 juin pour le premier et mercredi 10 juin pour le second. Le directeur de la publication et le journaliste ont été présentés aux autorités judiciaires et ont répondu à leurs questions durant presque toute la journée. Ils restent placés sous contrôle judiciaire dans le cadre de l’instruction de l’information judiciaire ouverte contre eux par le ministère public.
Dans un communiqué publié pendant la journée, le ministère de l’Information a évoqué la publication d’un article contenant «des éléments précis d’un rapport médical confidentiel», diffusé avant sa transmission officielle au parquet. C’est donc le reproche fait au secrétaire de rédaction Toufé, et au directeur de publication du quotidien privé. Mais tout en réaffirmant son attachement à la liberté de la presse, le ministère a rappelé que son exercice doit respecter les lois en vigueur et ne pas porter atteinte à la cohésion sociale.
L’organisation internationale de défense des journalistes, Reporters sans frontières (Rsf), a quant à elle , dénoncé «une arrestation arbitraire». L’organisation a estimé que les journalistes n’ont fait que leur travail d’information et a appelé à l’abandon des poursuites. Sur le terrain, la journée a été marquée par une forte mobilisation de la presse comorienne. Réunis au palais de justice, les journalistes ont suivi de près l’évolution de la procédure, avant de marcher pacifiquement vers la gendarmerie pour réclamer des informations et la libération de leur confrère.
Des restrictions et un pointage
Les deux journalistes ont ensuite été présentés au bureau du procureur en début d’après-midi. L’audition s’est poursuivie jusqu’en fin de journée, avant d’etre libérés aux alentours de 17h. À leur sortie, Elhad Said Omar a indiqué que lui et son employé étaient désormais soumis à des restrictions strictes, notamment l’interdiction de voyager, de commenter l’affaire ou de publier sur le dossier, ainsi qu’une obligation de pointage régulier au palais de justice.
Le président du Syndicat national des journalistes comoriens (Snjc), a salué cette issue, tout en appelant à maintenir la mobilisation en soutien aux deux confrères et à la liberté de la presse dans le pays.


