Le ministère de l’Economie publie un arrêté fixant les prix des produits de première nécessité, tarifs revus à la baisse pour le mois sacré. Un travail se fait en amont pour parvenir à ce résultat.

 

C’est devenu une tradition : tous les ans, à l’approche du mois sacré, un arrêté du ministère de l’Economie fixant les prix des produits de première nécessité est publié. Poulet, viande, sucre, farine sont notamment concernés. Des tarifs revus à la baisse pour aider les citoyens durant cette période de très forte consommation. Ces derniers jours, la presse se fait l’écho d’agents du ministère partis en guerre contre les commerçants qui ne respectent pas les tarifs fixés.

 Ce que les gens savent moins, c’est sur quelle base les importateurs acceptent de revoir à la baisse leurs bénéfices. Le secrétaire général du ministère de l’Economie, cheville ouvrière de l’opération, explique que la démarche est «volontariste». Mais avant d’en venir à la fixation des prix spécial ramadan, «la direction du commerce intérieur effectue une étude sur l’approvisionnement national», selon Djamil Boinali. En quelques mots, elle évalue les stocks au niveau du territoire national, collecte les données sur le terrain.

Selon notre interlocuteur, l’Union des Chambres de Commerce, «vue sa proximité naturelle avec les opérateurs, mène également une enquête». «S’en suit une confrontation avec les opérateurs économiques, les prix appliqués en dehors du mois sacré, on vérifie aussi du côté de la douane». Avant, poursuit le jeune secrétaire général, «de leur présenter une proposition d’arrêté avec des prix plancher et plafond, avec une réduction des marges». 
 
Un exercice délicat

L’administrateur insiste : «Tout se fait d’abord grâce à la bonne volonté des opérateurs. Un arbitrage est mis en place pour parvenir à un compromis».C’est un exercice délicat, les Comores étant un pays d’importation, soumises aux cours des marchés internationaux. Aussi notre interlocuteur fait ce rappel : «Le commerce est libéral, l’Etat n’a pas vocation à fixer des prix mais peut intervenir comme cela se fait actuellement, de façon ponctuelle». Et de poursuivre : «Mais dès lors qu’il y a un arrêté fixant les prix, les commerçants sont censés le respecter».  Reste que, sur le terrain, beaucoup de vendeurs sont loin de suivre les tarifs fixés.