Renforcer l’indépendance et les moyens des organes de gestion des élections, garantir leur autonomie administrative, renforcer le dialogue avec les partis politiques et la société civile sont, entre autres, des recommandations faites à l’issue du séminaire régional sur l’évaluation du cycle électoral 2023-2025 qui a pris fin jeudi 16 avril à Moroni.
Organisé à l’hôtel Le Retaj, le séminaire a réuni les présidents, directeurs généraux et experts des organes de gestion des élections des États membres de la Commission de l’Océan indien (Coi). Les participants ont procédé à un état des lieux comparatif des législations électorales. Ils ont alors identifié « plusieurs pistes de réformes » destinées à renforcer la transparence, la crédibilité et le caractère inclusif des processus électoraux dans la région.
L’un des principaux résultats de la rencontre a été la désignation de la Commission électorale des Seychelles pour assurer la présidence et la gouvernance du REOI en 2027. A en croire les séminaristes, cette décision traduit la confiance accordée aux Seychelles par les organes de gestion des élections présents à Moroni et vient conforter la dynamique de coopération régionale engagée entre les pays de l’Océan indien. Au terme des discussions, les participants ont formulé plusieurs recommandations destinées à accompagner les réformes électorales dans leurs pays respectifs. La première porte sur le renforcement de l’indépendance et des moyens des organes de gestion des élections. Les participants ont notamment insisté sur la nécessité «de garantir leur autonomie administrative, financière et juridique afin de préserver leur impartialité».
Vers des standards électoraux régionaux renforcés
Les participants ont présenté la transparence et la crédibilité du processus électoral comme des priorités. Les échanges ont mis en avant l’intérêt «d’harmoniser les procédures relatives au recensement, au vote, au dépouillement et à la publication des résultats, tout en favorisant l’utilisation de technologies fiables, sécurisées et traçables».
Les séminaristes ont, par ailleurs, appelé à consolider la confiance des citoyens grâce à une communication électorale plus claire avant, pendant et après les scrutins. Le renforcement du dialogue avec les partis politiques et la société civile figure également parmi les pistes retenues. Autre recommandation majeure : institutionnaliser le dialogue entre les gouvernements et les partis de l’opposition. Les participants préconisent la mise en place de cadres permanents de concertation permettant de prévenir les tensions, de favoriser le caractère inclusif des réformes et de construire un consensus national autour des processus électoraux.
La rencontre a également placé l’accent sur la nécessité de promouvoir des élections apaisées, notamment à travers un meilleur encadrement du financement des partis politiques, mais aussi en luttant contre la désinformation et en renforçant les mécanismes de médiation électorale. Enfin, les participants souhaitent accroître la participation des femmes et des jeunes aux responsabilités politiques. Parmi les mesures évoquées figurent les quotas, le financement dédié aux candidatures féminines et des jeunes, ainsi que des programmes de formation et de mentorat destinés à faciliter leur accès aux instances de décision. Pour les séminaristes, la mise en œuvre de ces recommandations pourrait produire plusieurs effets positifs pour les pays de l’Océan indien, notamment le renforcement de la légitimité des institutions grâce à des élections plus transparentes et crédibles, la contribution à la stabilité politique par un dialogue accru entre les acteurs. Ces recommandations vont en outre favoriser une meilleure représentativité grâce à la participation des femmes et des jeunes, mais aussi renforcer la coopération régionale par le partage et l’harmonisation des bonnes pratiques.
L’assistance a affichée l’ambition de permettre aux États membres du REOI d’élever progressivement leurs standards démocratiques à l’horizon 2030. En tout cas, le directeur général des Élections aux Comores, Mbaé Toimimou, a, à l’occasion, adressé ses remerciements à l’ensemble des participants pour leur contribution aux échanges et pour la richesse des idées formulées durant les deux jours de travaux. Il a ainsi souligné que les recommandations issues de l’atelier pourront contribuer à alimenter la réflexion sur la réforme du cadre légal électoral aux Comores. Les participants ont pris un engagement commun de transformer les recommandations adoptées en actions concrètes dans les différents pays membres, avec l’appui de la commission de l’Océan indien (Coi) et de l’agence française de développement (Afd), dans le cadre du projet Gps (Gouvernance, paix et stabilité).



