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Production d’ananas à Mwali I Fateh-Dine Attoumane récolte plus de 9000 unités par saison

Production d’ananas à Mwali I Fateh-Dine Attoumane récolte plus de 9000 unités par saison

Société | -   Abdillahi Housni

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Fateh-Dine Attoumane a choisi parmi les variétés d’ananas, de miser sur une qualité d’origine tanzanienne, réputée grâce à son goût très sucré, mais également à sa taille. Et chaque période de cueillette, malgré les difficultés auxquelles il fait face, il arrive à récolter entre 9 000 et 10 000 ananas. Reste à savoir comment rentabiliser sa production.

 

A Mwali, grenier des Comores, la période de décembre à janvier coïncide à la saison des fruits. Mangues, jacques, ananas, grenadilles, citrons. Tout est à gogo dans les marchés de la place, y compris les petits coins de vente des produits agricoles.Parmi ces fruits, il y en un qui a attiré notre attention, c’est l’ananas, car l’un des grands producteurs de l’île, en matière de fruits, fait des merveilles avec. Fateh-Dine Attoumane, communément appelé Fatihou, originaire de Djwaezi enregistre une récolte très intéressante, avec plus de 9000 ananas. Dans son champ situé dans la forêt de Mbabani, en aval du plateau de Djando, ce quinquagénaire cultive ce fruit, plusieurs pieds d’ananas sont à perte de vue. «Avant 2016, j’étais un vendeur ambulant de carburant. Lors des élections présidentielles et des gouverneurs des îles, en 2016, j’ai investi toutes mes économies dans la politique, en espérant qu’un jour j’occuperais de hautes fonctions dans ce pays. Malheureusement, la politique m’a trahi, puisqu’après les élections, je n’ai rien gagné. C’est à partir de là que je me suis converti dans l’agriculture, notamment dans la plantation d’ananas. Aujourd’hui, par saison je récolte entre 9000 et 10 000 unités», a-t-il raconté. Bien qu’il existe plusieurs variétés d’ananas, Fateh-Dine Attoumane a choisi la qualité d’origine tanzanienne, réputée grâce à son goût très sucré mais également à sa taille.


Le producteur rencontre des difficultés pour écouler ses produits. C’est à Fomboni, en face de l’Exim Bank et du centre hospitaliers de Fomboni qu’il se pointe chaque matin pour vendre sa marchandise. Un lieu stratégique, selon lui, car plusieurs citoyens passent par-là avant de se rendre dans leurs lieux de travails. «Je les vends moins chers pour éviter les pertes liées au pourrissement. Je ne dispose pas de moyens suffisants pour les acheminer à Ngazidja ou à Ndzuani où ils pourraient être vendus à bon prix», a-t-il expliqué. Fatihou déplore le manque de moyen de déplacement pour acheminer ses ananas vers la ville. Il parle ainsi de pertes énormes. «Souvent, je me trouve dans l’obligation de louer des moto-bens et négocier avec des gens pour venir m’épauler dans la cueillette. Cette année, mon chiffre d’affaires est en baisse, car j’ai été victime d’un accident de moto, j’ai passé plusieurs semaines, voire des mois, à suivre un traitement. Je n’avais pas la possibilité de me rendre au champ pour la récolte. Beaucoup de mes ananas sont dégradés», a-t-il mentionné. Répondant à la question de choisir actuellement un poste politique ou son travail d’agriculteur et producteur d’ananas, Fateh-Dine Attoumane a indiqué qu’entre un poste dans une direction quelconque et son métier actuel, il choisirait d’être accompagné financièrement pour mieux travailler et rentabiliser sa production.


«Si quelqu’un a l’intention de m’aider, je lui proposerais de me financer pour réhabiliter la route qui mène dans mon champ car elle est impraticable, surtout en période de fortes pluies. Il n’y a aucune voiture qui arrive à se rendre dans cet endroit. Je fais appel à des moto-bens», a lancé Fatihou, remerciant Dieu, car avec ces récoltes, il arrive à couvrir les dépenses familiales.En tout cas, ce producteur d’ananas, n’est pas seul maintenant, car d’autres agriculteurs se sont également lancés, dans cette région de Djando, dans la culture de cette plante pour les mêmes objectifs.

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