Cette visite s’inscrit dans le cadre du suivi des recommandations issues des assises nationales de la filière organisées en septembre 2024 et novembre 2025. L’entreprise bénéficie de l’accompagnement du projet Afidev et cherche progressivement à développer la transformation locale des produits de rente.

 

En visite à Ndzuani  depuis hier avant de poursuivre son déplacement à Mwali demain samedi, le chef de l’État s’est rendu  dans l’usine Aroma.com située dans la commune de Bambao Mtsanga. Il s’agit de la deuxième visite du chef de l’Etat dans cette unité de transformation d’huiles essentielles d’ylang-ylang et de girofle.

Accompagné de membres du gouvernement et de plusieurs autorités, le président de la République a parcouru les installations de cette entreprise spécialisée dans la transformation et l’exportation des produits de rente. Cette visite intervient dans un contexte de valorisation de la filière, alors que l’île assure près de 75 % de la production nationale de girofle. 

Retard dans la transformation des produits locaux

L’entreprise Aroma.com bénéficie, par ailleurs, de l’accompagnement du projet Afidev, mis en œuvre en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et financé par l’Agence française de développement. Ce programme vise à soutenir les initiatives destinées à renforcer la transformation locale et la structuration de la filière. Lors de son intervention, le président Azali Assoumani a souligné que le pays doit encore rattraper un certain retard dans la transformation des produits locaux. 


Selon lui, la valorisation des ressources nationales constitue un enjeu important pour le développement économique. « Nous avons perdu du temps. Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est ce que la jeunesse en France ou aux États-Unis fait déjà. Nous devons rattraper cet écart. Les jeunes peuvent réaliser beaucoup de choses, mais il faut les encadrer et les accompagner pour réussir », a-t-il déclaré.


Le chef de l’État a également insisté sur l’importance d’une gestion rigoureuse des entreprises locales. « Ce qui anéantit et casse la dynamique les entreprises, c’est souvent l’excès des dépenses et la mauvaise gestion. J’ai recommandé au Conseil des ministres de veiller à la gestion des entreprises, surtout celles portées par les jeunes.

Cela permettra aussi de lutter contre certaines formes de concurrence, notamment celles venues de l’étranger. Nos produits sont parmi les meilleurs au monde et nous devons travailler et investir pour préserver leur qualité », a-t-il ajouté. 


Présent lors de cette visite, le gouverneur de l’île de Ndzuani, Dr Zaidou Youssouf, a pour sa part mis en avant les opportunités qu’offre le secteur des produits de rente pour le développement économique de l’île. Ouverte en 2023 avec seulement sept employés, l’entreprise Aroma.com a progressivement développé ses activités. Après avoir bénéficié d’un accompagnement du projet Afidev en 2024, l’usine compte aujourd’hui 54 collaborateurs répartis sur deux sites.

Une entreprise tournée vers l’exportation

Propriétaire de l’entreprise, Mohamed Dhihari Majani explique que la visite présidentielle s’inscrit dans le cadre d’un suivi des initiatives engagées pour soutenir la filière. « C’est une visite de suivi d’un programme d’accompagnement de l’État. C’est la deuxième fois qu’il vient nous rendre visite, puisqu’il veut faire le suivi personnellement et s’imprégner des avancées. Ici nous traitons les huiles essentielles. Nous avons aussi une autre annexe qui gère les activités liées au girofle. Nous exportons les huiles de girofle mais aussi le girofle lui-même», a-t-il expliqué. 


Malgré ces activités, la transformation locale reste encore limitée. L’entreprise se focalise encore principalement sur l’exportation des produits de rente sous forme de matières premières. « Pour le moment, notre activité principale reste l’exportation de la matière première. La transformation locale est encore en phase de développement. L’entreprise ambitionne cependant de franchir une nouvelle étape avec la production locale de produits finis », précise-t-il.

 Dans cette perspective, un partenariat a été établi avec un laboratoire basé en Côte d’Ivoire afin de produire un parfum à partir des matières premières locales. Ce produit devrait être mis en vente et être accessible aux consommateurs d’ici la fin de l’année selon Mohamed Dhihari Majani pour qui plusieurs défis techniques restent toutefois à relever pour développer l’industrie locale. Pour lui, le manque d’équipements adaptés constitue notamment un obstacle à la transformation à grande échelle.

 « Dans le pays, nous ne disposons pas encore d’équipements adaptés. Nous espérons que d’ici deux ans, nous pourrons produire localement», indique-t-il. Parallèlement, l’entreprise travaille à la diversification de ses produits à base de plantes locales. Plusieurs gammes d’huiles essentielles sont actuellement développées, notamment autour de l’ylang-ylang destiné aux parfums et aux produits cosmétiques.

 Certaines qualités d’huile de girofle sont également utilisées en aromathérapie, tandis que d’autres produits sont encore en phase de développement dans les laboratoires, notamment autour du jasmin.

Selon le responsable de l’entreprise, certains produits disposent déjà d’un marché stable, même si le lancement de nouvelles gammes nécessite davantage de communication. « Nos produits déjà commercialisés marchent. Mais le lancement d’un nouveau produit demande une forte communication. Nous avons des consommateurs stables, mais les nouveaux produits nécessitent une campagne de sensibilisation», a-t-il conclu.