Pour pallier ses problèmes de capacité de stockage, la Société comorienne des hydrocarbures (SCH) prévoit d’étendre ses installations sur le site de Moroni. L’annonce a été faite, il y a quelques jours, lors d’un point de presse tenu par des responsables de l’enterprise.

 

Disposant de faibles capacités de stockage des produits pétroliers, estimées à environ 20 250 mètres cubes répartis dans l’archipel  (soit près de 11 750 m³ à Ngazidja, 7 600 m³ à Ndzuani et 900 m³ à Mwali), la Société comorienne des hydrocarbures (Sch) reconnaît être confrontée à un défi majeur au moindre retard d’un navire pétrolier ou au moindre aléa météorologique. Une problématique qui a été portée à la connaissance des autorités, lesquelles s’en sont pleinement saisies, selon Abdou Mhadjou, directeur de la distribution. «Nous leur avons démontré que les difficultés d’approvisionnement rencontrées ces derniers temps s’expliquent en grande partie par le manque de capacités de stockage.

 

 Les 45 jours de réserve dont il est souvent question représentent, dans de nombreux pays disposant d’infrastructures adaptées, le seuil minimal de sécurité», a-t-il dit. Il a précisé qu’il s’agit d’un stock stratégique, conservé et étroitement surveillé par les autorités afin de faire face à d’éventuelles crises. Selon lui, l’objectif de la Sch est de disposer d’un stock de sécurité couvrant au moins deux mois de consommation. «Une telle réserve permettrait de traverser des situations exceptionnelles, comme celle que nous connaissons actuellement, sans perturber l’approvisionnement du pays», a-t-il assuré. Car d’après lui toujours, en l’état actuel des choses, le moindre retard dans l’arrivée d’un navire entraîne rapidement des difficultés.«Face à cette situation, le gouvernement a pris l’initiative de mettre en œuvre un projet structuré en deux phases. La première consiste à construire une citerne destinée au stockage de l’essence ainsi qu’une ou deux citernes de gasoil sur le site de Moroni», a-t-il annoncé. «Nous espérons que la pose de la première pierre interviendra d’ici la fin de cette année ou au début de l’année prochaine, pour une mise en service des nouvelles installations à partir du mois de juin de l’année prochaine», a-t-il précisé.

Le dépôt de Hoani 

Selon Abdou Mhadjou, la seconde phase prévoit l’identification d’un site destiné à accueillir un dépôt de grande capacité, permettant de constituer des réserves couvrant plus de cinq, voire six mois de consommation. «Les études techniques nécessaires à la réalisation de ce projet sont d’ores et déjà engagées», a-t-il indiqué. Interpellé sur le projet de construction du dépôt de Hoani, sur l’île de Mwali, dont le chantier semble à l’arrêt, Abdou Mhadjou a évoqué des insuffisances apparues dès le lancement du projet, au stade des études de faisabilité.

«En effet, lors de la préparation de la deuxième phase, qui concerne notamment l’installation des conduites reliant le navire au dépôt, nous avons constaté la présence d’une plage empêchant le navire d’accoster à proximité des installations», a-t-il expliqué, ajoutant que le bateau serait ainsi contraint de mouiller au large.  «Cela nécessite la mise en place de plusieurs centaines de mètres supplémentaires de tuyaux ainsi que d’autres équipements spécifiques», a-t-il poursuivi. «Au départ, il avait été supposé que le site retenu disposait d’une profondeur d’eau suffisante pour permettre au navire de s’amarrer sans difficulté, comme c’est le cas à Ngazidja et à Ndzuani.

Les études complémentaires ont cependant montré que cette hypothèse ne correspondait pas à la réalité du site», a-t-il déploré. «Pour autant, le projet n’est pas abandonné. Il fait toujours partie des projets prioritaires que nous avons évoqués, au même titre que l’extension du dépôt actuel, qui figure également parmi nos priorités», a-t-il affirmé. 
Il a souligné que cette initiative est d’autant plus importante que l’île de Mwali est confrontée aux mêmes difficultés d’approvisionnement que les autres îles. Selon lui, le ravitaillement de l’île n’intervient qu’une fois toutes les deux semaines.