Comme chez Saïd Halifa, des dizaines d’autres familles sinistrées du cyclone Kenneth intègrent des logements durables. À Mirontsi, ce dernier mesure le chemin parcouru entre l’attente, les doutes et la joie d’un nouveau départ.
Six ans après le passage dévastateur du cyclone Kenneth, les familles sinistrées commencent enfin à refermer un chapitre douloureux. Le projet de relèvement post-Kenneth a permis la construction de 184 logements durables, parasismiques et para-cycloniques, chacun estimé à 25 millions de francs comoriens. Parmi les bénéficiaires figure la famille de Saïd Halifa, que nous avons rencontrée la semaine dernière dans son nouveau domicile à Mirontsi. En arrivant devant la nouvelle maison, le contraste est saisissant.
À l’extérieur, une citerne destinée à la récupération des eaux de pluie jouxte la fosse septique. À l’intérieur, tout est achevé : salon lumineux, trois chambres, une cuisine, des toilettes fonctionnelles. L’installation électrique est en place, les murs fraîchement peints.
Autour d’un café, Saïd Halifa observe les lieux avec une fierté tranquille. Ancien secrétaire comptable aujourd’hui à la retraite, il se souvient encore de la nuit où le vent a tout balayé : «Nous vivions dans une maison en double tôle, avec des toilettes en tôle à côté. Le jour du cyclone, nous avons dû nous réfugier chez des voisins.
Le vent a tout emporté. Il ne restait plus rien.» Les quelques tôles récupérées servent désormais de clôture, vestiges d’un passé que la famille tente de dépasser. Le chemin vers ce nouveau toit n’a pas été sans doutes. Les équipes du projet effectuaient des visites de suivi régulières. Mais, «à un moment, je n’y croyais plus. Il ne me restait que l’espoir de retrouver un toit pour mes enfants et mes petits-enfants », confie-t-il. La joie, raconte-t-il, a commencé avec les premières fondations.
La remise officielle des clés a eu lieu fin décembre 2025. Si la famille relève quelques limites, comme «l’absence d’auvent» et «des portes qui gonflent sous de fortes pluies», elle insiste sur «la solidité de l’ouvrage». Dans le salon encore neuf, un projet de mariage se prépare déjà. La prochaine célébration familiale se tiendra ici, dans cette maison devenue symbole de sécurité, d’intimité retrouvée et de nouveau départ.


