À quelques mois de sa clôture, le Projet de relèvement post-Kenneth et de résilience afficherait des résultats globalement satisfaisants.

 

Le Projet de relèvement post-Kenneth et de résilience (Prpkr), financé à hauteur de 57,5 millions de dollars par la Banque mondiale, doit s’achever le 15 décembre 2026. À quelques mois de sa clôture, le projet affiche, selon ses dirigeants, un taux global de réalisation de près de 85 % des indicateurs, avec un niveau d’exécution de 90 % à Ndzuani. Selon les données présentées dans le cadre du bilan, 93 % du budget ont déjà été décaissés.


En déplacement à Ndzuani il y a quelques jours, l’unité de gestion du projet a accordé un entretien à Al-watwan. La coordinatrice du Prpkr, Kamaria Ahamada, a dressé un bilan des principales réalisations. «Parmi les quatre composantes, trois ont été réalisées au profit de la population. Nous avons notamment réhabilité des écoles dans l’ensemble du pays, construit des pistes rurales et des bâtiments, ainsi que réhabilité des citernes d’eau d’une capacité de 500 mètres cubes à Sima et l’autre de 750 mètres cubes à Patsy. Le projet a également permis la construction de logements et l’attribution de titres fonciers à leurs propriétaires. Nous avons remis les titres fonciers aux propriétaires. Ils sont protégés également d’une façon juridique», a-t-elle indiqué.


Le projet aurait également dépassé certaines de ses cibles. 
Dans le domaine du logement, les résultats seraient supérieurs de 5 % à l’objectif fixé, tandis que le nombre d’emplois créés afficherait une progression de 400 % par rapport à la cible initiale. Les activités ont principalement porté sur les infrastructures communautaires, le logement, la protection contre les risques naturels, la sécurité civile et le renforcement des capacités des structures techniques.


Au total, le projet a permis de réaliser 50 ouvrages communautaires et 15 ouvrages liés à la sécurité civile. Des équipements et des formations ont également été accordés à plusieurs directions techniques, notamment aux services de la météorologie et à l’Observatoire du Karthala. «Nous avons également accompagné et formé les directions techniques, comme celle de la météo et de l’Observatoire du Karthala, notamment tout en renforçant les équipements. Tout cela est fait pour être bien préparés en cas de catastrophes», a souligné Kamaria Ahamada.

Des capacités renforcées

Interrogée sur la capacité du pays à faire face à une nouvelle catastrophe d’ampleur comparable à Kenneth, la coordinatrice s’est montrée rassurante. «Je pense que le pays est assez mature pour faire face et atténuer les effets d’une nouvelle catastrophe comme Kenneth. Nous avons misé avant tout sur la prévention, notamment avec les formations et l’équipement. Les structures comme l’Observatoire du Karthala, les services de la météo et la sécurité civile entre autres disposent désormais de moyens leur permettant de prévenir, d’anticiper et d’atténuer les effets des catastrophes», a-t-elle assuré. 


La coordinatrice a précisé toutefois que la pérennité des infrastructures dépend désormais des structures bénéficiaires et des administrations compétentes. «Pour la question de l’entretien des infrastructures réalisées, c’est le ministère de l’aménagement et les bénéficiaires du projet, comme la direction régionale de l’éducation, de la sécurité civile et de l’aménagement, qui doivent s’occuper chacun de ce qui le concerne des infrastructures», a-t-elle ajouté.


Le spécialiste en planification, suivi et évaluation du projet, Nazir Said Msaidie, a situé le niveau national d’avancement à environ 85 %. «Nous sommes à quelques mois de la fermeture du projet. En termes de résultats et d’indicateurs, toutes les activités des différentes composantes sont réalisées. Au niveau national, le projet atteint 85 % des indicateurs. À Ndzuani, le taux de réalisation des travaux atteint 90 %», a-t-il indiqué.Il reste notamment le tronçon routier reliant Bandamaji à Foumbouni. Le chantier, déjà bien avancé, connaîtrait un retard lié aux difficultés de transport et d’approvisionnement en carburant apparues depuis mars. L’objectif serait d’achever les travaux avant décembre.

Ouani, un chantier abandonné

La protection côtière de l’aéroport de Ouani constitue cependant le principal chantier non achevé. «Mon plus grand regret, c’est de ne pas avoir pu finir les travaux de protection de l’aéroport de Ouani», a déclaré Kamaria Ahamada.Selon Achmed Aoidi, ingénieur en génie civil et génie maritime et chef de mission de contrôle des travaux côtiers, 14 sites avaient initialement été identifiés comme nécessitant une protection. Trois ont finalement été retenus.À Ouani, le dispositif devait notamment comprendre un cordon de protection de 250 mètres, un remblai de 10 mètres nécessitant 4 000 mètres cubes de gravillons, des structures destinées à stabiliser le sable et une zone de revégétalisation de 5 000 mètres carrés. Les études réalisées en 2022-2023 avaient permis d’établir les premières quantités. Mais les mesures effectuées pendant les travaux ont révélé une augmentation importante des besoins. 


«La plage avait baissé de 1,5 mètre, donc il fallait 13 500 mètres cubes, soit le triple du projet. Malheureusement, le budget des travaux a été multiplié par 2,5. Face à cette hausse du coût, le bailleur et l’État ont décidé de mettre fin aux travaux, en raison des contraintes de temps et du manque de budget», a expliqué Achmed Aoidi. Malgré l’arrêt du chantier, certains travaux ont été réalisés. «Les travaux de revégétalisation sont faits. Le cordon est réalisé à plus de 80 % et le rechargement en sable à 30 %», a-t-il précisé.Le 24 avril 2019, le cyclone Kenneth avait frappé les Comores, provoquant des dégâts estimés à 14 % du Produit intérieur brut (Pib) et affectant près de 40 % de la population. Le Prpkr a été mis en place pour contribuer au relèvement du pays et renforcer sa résilience face aux catastrophes naturelles.