Lancée au début de ce mois de juillet, la deuxième phase du projet d’exploration géothermique du Karthala marque une étape importante vers l’exploitation d’une nouvelle énergie renouvelable aux Comores. Dans cet entretien, son directeur général, Abdoulanfour Abdou, détaille les travaux en cours, les défis du financement, les garanties environnementales et l’objectif d’une production électrique attendue en 2029.
La deuxième phase du projet d’exploration géothermique du Karthala a été officiellement lancée ce mois de juillet 2026. Concrètement, quelles sont les prochaines grandes étapes technique sur le terrain ?
Le projet est effectivement entré dans une phase active. Parmi les prochaines grandes étapes techniques figurent la construction de la route d’accès aux sites, notamment le tronçon Bahani-Karthala, ainsi que la réalisation des forages d’eau, dont les travaux ont déjà été lancés. Ces forages d’eau sont indispensables car ils permettront d’assurer le refroidissement des foreuses pendant les travaux de forage exploratoire géothermique.
Le cap d’une production d’ici la fin 2029 tient-il toujours ?
Jusqu’à preuve du contraire, oui. La phase de production reste envisagée pour l’année 2029, conformément au calendrier initial du projet.
Le coût estimé du projet avoisine les 118 millions de dollars. Alors que la phase d’exploration actuelle est sécurisée par des partenaires comme la Banque africaine de développement, quelle est la stratégie de mobilisation et de bouclage du financement ?
Comme cela a été le cas lors des phases précédentes du projet, le gouvernement de l’Union des Comores, à travers ses partenaires techniques et financiers, se mobilise activement pour boucler le financement de la future centrale géothermique. Des discussions sont en cours avec plusieurs bailleurs afin de sécuriser les ressources nécessaires à la construction de la centrale.
Une fois opérationnelle, quelle proportion de la demande en électricité de l’île de Ngazidja la centrale du Karthala pourra-t-elle couvrir en continu ?
D’après les études réalisées, une fois la centrale opérationnelle, nous estimons une production progressive pouvant atteindre 45 MW. Cette capacité permettra de couvrir non seulement les besoins de l’île de Ngazidja, mais aussi, à terme, l’ensemble du territoire national.
Comment l’énergie sera-t-elle acheminée vers les autres îles ? Des câbles iront jusqu’à Ndzuani et Mwali ?
L’approvisionnement des autres îles est une possibilité, car une capacité de production de 45 MW permettrait de les alimenter. Toutefois, cette option n’a pas encore été envisagée, faute d’étude spécifique. Ce n’est qu’une fois la phase d’exploitation engagée que nous réaliserons les études nécessaires afin d’élaborer un plan d’approvisionnement pour les autres îles.
Le programme inclut la construction d’une route d’accès non bitumée de 15 km vers le site de forage. Ou en sont ces travaux ?
Les travaux d’ouverture de la route d’accès aux forages d’eau ont déjà été réalisés par la société chinoise Cgc. Ces aménagements permettent désormais d’acheminer les équipements nécessaires à la poursuite des opérations sur le site.
Le forage se situe dans une zone hautement sensible : le Parc national du Karthala. Le massif du Karthala abrite une biodiversité unique. Comment le projet concilie-t-il les impératifs des forages profonds avec les exigences du plan d’action de la biodiversité et de l’étude d’impact environnemental et social ?
Avant tout démarrage des travaux dans la zone, une étude d’impact environnemental et social a été menée par un bureau d’études indépendant, en collaboration avec des experts du Bureau géologique des Comores et de la Banque africaine de développement. Cette étude a donné un avis favorable à la réalisation des travaux, tout en intégrant les mesures nécessaires à la préservation de la biodiversité du massif du Karthala.
Un plan de restauration des moyens d’existence a été élaboré pour les populations locales touchées par les aménagements. Comment seront indemnisées les communautés locales ?
Cette étude a pleinement pris en compte les populations locales touchées par les aménagements. Un plan d’indemnisation a été établi et les personnes concernées en bénéficieront, dans le cadre du Plan de restauration des moyens d’existence prévu par le projetn





