Dix projets innovants ont été sélectionnés dans le cadre du projet Expédition plastique Océan indien. Les lauréats bénéficieront d’un accompagnement de préincubation pendant trois mois. A l’issue de cette période de préincubation, un cofinancement jusqu’à 50 000 euros sera octroyé à 3 projets sélectionnés.

 

Le processus de sélection des projets qui entre dans le cadre du programme Expédition plastique de l’Océan indien s’est déroulé le mardi 9 juin à la Maison de l’Emploi, à l’issue de l’atelier de formation et d’échanges consacré à l’économie circulaire du plastique et la gestion durable des déchets. 


Sur treize dossiers soumis, dix projets ont été retenus pour leur caractère innovant, leur viabilité économique et leur potentiel d’impact sur la réduction de la pollution plastique marine, après un processus d’évaluation rigoureux conduit par la Coi, en partenariat avec le ministère de l’Environnement chargé du Tourisme (Met) et l’Agence nationale de gestion des déchets (Angd).


Mis en œuvre par la commission de l’Océan indien (Coi), le projet Expédition plastique Océan indien (Exploi) est financé par l’Agence française de développement (Afd) et le Fonds français pour l’environnement mondial (Ffem), en collaboration avec l’Institut de recherche pour le développement (Ird). Lancé en octobre 2025, l’appel à manifestation d’intérêt visait à soutenir des entrepreneurs et organisations engagés dans la réduction et la valorisation des déchets plastiques dans l’archipel.


«Répartis entre Ngazidja, Ndzuani et Mwali, les porteurs de projets représentent un large éventail d’acteurs : jeunes entrepreneurs, associations et petites et moyennes entreprises. Leurs initiatives couvrent plusieurs maillons de la chaîne de valeur : collecte et tri des déchets, recyclage mécanique, transformation en matériaux de construction, numérisation des filières, ou encore alternatives aux plastiques à usage unique», peut-on lire dans un communiqué de presse de la Coi.


Parmi les projets présélectionnés figurent notamment : Cap d’Afrique, se localisant à Ngazidja. Celui-ci consiste à la collecte des déchets plastiques et transformation en pavés, couplées à des actions de sensibilisation communautaire. Quant au projet Recyvie  qui opérera aussi bien à Ngazidja qu’à Ndzuani et à  Mwali consiste à la structuration d’une filière nationale intégrant prévention (5R), création de 120 points de collecte, transformation et exportation des plastiques recyclés.

Alors que le projet Naipenda, basé à Ndzuani, consiste au développement d’une filière complète de gestion et de valorisation, via un réseau de collecte communautaire et un vaste programme de sensibilisation. Ghiyada Africa,  qui opèrera à Ndzuani, travaillera dans la mise en place d’une collecte incitative et transformation du plastique en pavés et briques, grâce à une unité de fusion-extrusion. Et enfin Com Green à Ngazidja sera consacré à la structuration d’un système intégré de collecte, tri et valorisation des déchets plastiques.

Un accompagnement vers la viabilité économique

«Les dix initiatives bénéficieront d’un appui technique, administratif et financier pour consolider leur modèle économique et renforcer leurs capacités. À l’issue de la phase de préincubation, au moins trois projets seront sélectionnés pour une phase d’incubation finale et pourront recevoir une subvention allant jusqu’à 50 000 euros, correspondant à un cofinancement de 50 % du coût total du projet», indique la Coi. 


Pour sa part, Youssouf Mze, directeur de l’Agence nationale de gestion des déchets (Angd) et point focal national du projet Exploi, a fait savoir que cette proclamation marque «une étape décisive dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la pollution plastique aux Comores». 
Elle traduit, selon lui, la volonté des autorités de promouvoir une économie circulaire durable et inclusive.


Le secrétaire général de la Coi, Dr Ibrahim Norbert Richard, a, de son côté, évoqué la dimension régionale du programme, à savoir la sélection de ces projets qui «témoigne de la vitalité de l’entrepreneuriat vert» et illustre, selon toujours lui, la capacité de la Coi à fédérer les efforts de ses États membres autour de solutions collectives face à un défi commun.


A son tour, Patricia Aubras, directrice régionale de l’Afd, au niveau de l’Océan ndien, a mis en avant les synergies entre le projet Exploi et le projet Facilité emploi 2, également soutenu par l’Afd. Selon elle, ces deux programmes sont complémentaires. «L’un favorise l’émergence d’emplois verts et de filières locales, l’autre apporte expertise technique et soutien à la valorisation des déchets plastiques.

 Des actions conjointes sont prévues. Il s’agit notamment des ateliers et formations combinant modules techniques et accompagnement entrepreneurial, mais aussi d’un appui coordonné à l’incubation, un suivi-évaluation renforcé et une mise en réseau régionale, via la Coi», a-t-elle expliqué


En marge de l’événement, la première réunion du comité national multi-acteurs de l’économie circulaire du plastique a été lancée. Co-piloté par le ministère de l’Environnement en charge du tourisme, l’Agence nationale de gestion des déchets et le projet Exploi, ce cadre vise à structurer un écosystème pérenne rassemblant acteurs publics, privés et associatifs autour de la lutte contre la pollution plastique.


Pour rappel, la mission de l’équipe Exploi qui a séjourné dans le pays, du 6 au 20 juin 2026, avait également ténu une formation de deux jours sur l’économie circulaire du plastique à destination des agents publics et des acteurs privés, ainsi qu’une enquête de terrain à Mwali, dans le cadre du projet pilote «Mohéli sans plastiques».