La digue de Djoiezi, construite dans le cadre du Projet de relèvement post-Kenneth, est achevée. L’ouvrage doit renforcer la protection du littoral contre l’érosion et les inondations.
Après plusieurs mois d’interruption, les travaux de construction de la digue de Djoiezi, lancés en avril 2025 dans le cadre du Projet de relèvement post-Kenneth, sont enfin terminés. La réception provisoire de l’ouvrage a eu lieu ce mardi 22 septembre au gouvernorat de Mwali, à l’issue d’une visite de terrain ayant réuni la coordinatrice du projet, des représentants du ministère de l’Aménagement du territoire, la gouverneure de l’île ainsi que plusieurs autorités nationales et insulaires.
Confrontée depuis plusieurs années à une forte montée des eaux, la ville dispose désormais d’un système de défense côtière de 350 mètres de long, réparti en trois blocs.
L’aménagement comprend d’abord un espace vert de 5 000 mètres carrés dans la partie nord, puis une digue discontinue en enrochement de 1,90 mètre de hauteur et de 9 à 20 mètres de largeur, constituée de pierres pesant entre 80 kilos et une tonne. Le troisième dispositif est composé de six rangées d’épis en bois.
Selon l’ingénieur en génie civil maritime Achmed Aoidi, de la mission de contrôle du projet, ce dispositif doit notamment favoriser le stockage du sable et stabiliser le sol face à la force des vagues. «Cette digue va non seulement protéger la route contre la montée de la mer. Le choix de la discontinuité des enrochements permettra également de renforcer la résistance des habitations contre les risques d’érosion des eaux de mer ou encore d’inondation dans le cas des eaux pluviales. Tous ces mécanismes participent à la protection des riverains contre les dangers climatiques», explique-t-il.
L’ingénieur appelle toutefois les autorités à anticiper la relocalisation des habitants de cette zone côtière au cours des prochaines décennies. Selon lui, la digue permet de réduire les risques et de gagner du temps, mais ne constitue pas une solution définitive face à l’évolution du changement climatique. «La relocalisation reste à préparer et à financer dès maintenant, vu que le changement climatique est un concept en pleine évolution. À moyen terme, 950 personnes seront contraintes de quitter cette zone côtière vers d’autres milieux.
Et ce chiffre atteindra 1 750 en 2050», conclut Achmed Aoidi. Annoncé depuis 2021 par différentes autorités, le projet semblait encore « imaginaire» jusqu’en 2024, selon Mohamed Ahamadi, alias Cheikh, maire de la commune de Mwalimdjini, dont relève Djoiezi. «Malgré les attentes des uns et des autres, l’achèvement de ce projet est une aubaine pour l’ensemble des habitants de Djoiezi.
Il va également renforcer les actions du gouvernement dans le pays, en particulier à Mwali, une île dans laquelle les infrastructures sont très limitées par rapport aux autres territoires des Comores», a déclaré l’élu. Il a remercié le gouvernement comorien, la Banque mondiale ainsi que l’entreprise Arab Contractors pour leur mobilisation en faveur des habitants de Djoiezi.
Financé par la Banque mondiale à hauteur de 45 millions de dollars, le Projet de relèvement post-Kenneth a prévu 800 millions de francs comoriens pour la construction de cette digue. Il vise à réhabiliter les infrastructures de base endommagées par ce cyclone, qui avait frappé les Comores en avril 2019. Le projet se termine à la fin de cette année.




