Une mission du ministère de l’Éducation nationale (Men) conduite par le secrétaire général, Said Soulé, a séjourné à Ndzuani ces derniers jours. A l’occasion, une réunion d’échanges a été organisée lundi après-midi au lycée de Mutsamudu, laquelle a réuni une centaine de directeurs d’établissements publics et privés ainsi que plusieurs responsables éducatifs.

Au menu des échanges : la mise en œuvre du projet «Rehema», la question des enseignants bénévoles et l’interdiction du téléphone portable en milieu scolaire. Introduisant le premier point, le secrétaire général du ministère a insisté sur l’importance de rapprocher le projet «Rehema» des acteurs de terrain. «Nous sommes venus faire la vulgarisation du projet «Rehema» et de ses composantes, notamment la question des cantines scolaires et la santé scolaire qui doit être mise en place dans certains établissements pilotes. Nous avons rencontré toutes les couches de la société puisque le projet comporte des activités qui demandent l’implication des communautés. 

 

Dans ce sens,  nous devons faire un transfert de compétences basé sur un modèle communautaire. L’objectif est d’avoir une pérennisation du projet même après sa fin», a-t-il indiqué. Abordant ensuite la question du téléphone portable, Said Soulé a d’abord évoqué les motivations de cette mesure. «Le ministre a présenté au conseil du gouvernement une note portant interdiction du téléphone portable en milieu scolaire. Nous savons tous àquel point le téléphone portable engendre des dégâts dans notre société et permet certaines triches. Le conseil a demandé l’implication de toutes les parties prenantes, à savoir les parents, les chefs d’établissement et les enseignants. C’est pourquoi nous avons organisé plusieurs rencontres avec les communautés dans ce sens», a-t-il fait savoir. 


Revenant sur les constats établis sur le terrain, il a relevé «des avancées encourageantes» et a insisté sur l’importance du débat public. «Nous avons noté que certains établissements ont déjà franchi le pas. En plus, dans toutes les rencontres que nous avons faites, nous n’avons pas encore eu de réactions négatives concernant l’interdiction du téléphone portable en milieu scolaire. 

Recrutement et bénévoles

Les échanges publics que nous faisons permettent de peser le pour et le contre sur les mesures à prendre», a-t-il conclu. La question des enseignants bénévoles a constitué le troisième point fort de la rencontre au lycée de Mutsamudu. Sur ce point, le secrétaire général du Men a salué la collaboration avec les autorités. «Je salue la disponibilité du secrétaire général du gouvernement avec qui nous travaillons sur cette question. Sur sa recommandation, des projections ont été faites jusqu’en 2028 concernant les départs à la retraite. En se basant sur les postes budgétaires disponibles et sur les départs à la retraite, nous pouvons recruter sans impact budgétaire des crédits alloués au ministère», a-t-il affirmé.


Il a annoncé alors que « les appels à candidature seront lancés d’ici deux semaines pour disposer d’un nombre suffisant d’enseignants à la prochaine rentrée. Le positionnement se fera en fonction des disponibilités. La priorité sera donnée aux profils formés dans l’enseignement». Interrogé sur la situation des bénévoles âgés de plus de 40 ans, le secrétaire général a reconnu les limites du système actuel tout en rappelant le cadre légal. «Tous les bénévoles ont des droits et doivent bénéficier d’un accompagnement.

Avant la mise en place de la plateforme, nous ne pouvions pas identifier clairement les vrais bénévoles, ce qui a, en partie, bloqué les recrutements. Les textes régissant la Fonction publique indiquent qu’au-delà de 40 ans, on ne peut plus être recruté comme fonctionnaire bien que plusieurs bénévoles se trouvent dans cette situation», a-t-il déclaré. Face à cette réalité, il a évoqué les arbitrages à venir. «Nous aurons parfois à choisir entre un bénévole sans profil et un autre ayant une formation d’enseignant », a-t-il indiqué, avant de conclure que «toutes les personnes ayant le profil requis seront prioritaires dans le recrutement».