Évoqué lors du dernier conseil des ministres, ce projet vise à transformer significativement le secteur agricole. Ce projet vise à mettre en place des nouveaux outils d’accompagnement visant à inciter l’investissement productif pour garantir une productivité agricole, réduire la dépendance alimentaire, soutenir la croissance économique et améliorer la gouvernance du secteur.
Le ministère de l’Agriculture a émis, ce jeudi 25 février, en conseil des ministres une note portant sur «un nouveau projet agricole » visant à transformer, via le secteur productif, le modèle économique comorien. L’idée consiste à réduire les importations des produits alimentaires à travers des stratégies tournées vers la mobilisation des investissements innovants au profit des secteurs productifs. «Les envois de fonds de la diaspora représentent l’un des principaux flux financiers du pays. Ils soutiennent nos familles, renforcent la stabilité sociale et contribuent à l’équilibre économique. Cependant, leur impact reste majoritairement limité à la consommation immédiate. Or, notre pays fait face à des défis structurels majeurs dont une forte dépendance aux importations alimentaires, ou encore le chômage élevé des jeunes en milieu rural», a expliqué le directeur national des stratégies agricoles. F
ouad Mohamed a également ajouté que le pays fait face à «une pression croissante sur les finances publiques, ainsi qu’une vulnérabilité accrue aux chocs économiques et climatiques », les Comoriens ne doivent plus se contenter d’un modèle économique fondé sur la consommation financée par les transferts extérieurs. «Nous devons passer à un modèle fondé sur la production, la création de valeurs, et l’investissement structurant», a-t-il expliqué. Revenant sur ce projet, le directeur national des stratégies agricoles a également expliqué qu’il s’agit d’une orientation des investissements vers la productivité.
«L’Etat continue de supporter le poids du déficit commercial. Le secteur privé manque de capital pour se développer. Les jeunes quittent les zones rurales faute d’opportunités. La diaspora investit sans cadre sécurisé ni visibilité sur l’impact réel de ses contributions. Il ne s’agit pas de remplacer la solidarité familiale. Il s’agit d’en amplifier l’impact», a-t-il fait savoir avant de détailler que «ce programme propose un mécanisme clair, un fonds Diaspora Agricole sécurisé et transparent une plateforme digitale de traçabilité, un accompagnement technique structuré (guichet unique), un cadre de gouvernance rigoureux, mais aussi une opérationnalisation, une séparation claire des rôles, ce qui signifie que la diaspora et le secteur privé investissent, le secteur public encadre, accompagne, suit et évalue. Ce modèle n’est ni assistanciel ni ponctuel. Il est structurant, durable et reproductible», a-t-il souligné.
Fouad Mohamed y voit des avantages multiples. «Pour le gouvernement, c’est la réduction progressive du déficit alimentaire, la création d’emplois ruraux, l’élaboration d’un modèle innovant de mobilisation des ressources internes, renforcement de la crédibilité institutionnelle. Et pour les partenaires techniques et financiers, cela va avoir un effet multiplicateur élevé, un impact mesurable et une innovation financière», dit-il.


