Depuis son lancement, le programme a financé 28 projets grâce à près de 600 000 euros de subventions. Soixante-et-onze entrepreneurs ont également bénéficié d’un accompagnement technique destiné à transformer leurs initiatives en entreprises durables et créatrices de valeur économique et sociale.

 


Expertise France et le ministère des Affaires étrangères, à travers le Commissariat chargé de la Diaspora, ont organisé hier mercredi 13 mai dans les locaux d’Expertise France, une rencontre avec la presse pour présenter les principales réalisations du Projet Diaspora, lancé en 2021 pour renforcer les liens entre les Comores et sa diaspora entrepreneuriale. Financé par l’Agence française de développement (Afd) et mis en œuvre par Expertise France en partenariat avec le ministère des Affaires étrangères, ce programme qui prendra fin au mois de juin prochain, vise à promouvoir la cohésion, la solidarité et l’unité entre les Comoriens vivant dans le pays et ceux établis à l’étranger, tout en soutenant le développement durable national.

 Parmi les avancées majeures du projet figure le renforcement du cadre institutionnel dédié à la diaspora. Une stratégie nationale de mobilisation de la diaspora a été élaborée afin de fournir une feuille de route claire pour les actions futures du gouvernement. Lors de son intervention, Laurent Chabrut, Directeur pays d’Expertise France, a souligné que «même si le projet arrive à son terme, les activités déjà engagées doivent continuer à être mises en œuvre afin de garantir la pérennité des acquis ». Il a rappelé que le travail accompli depuis le lancement du projet a porté ses fruits, malgré certaines limites encore observées. Selon lui, l’ambition initiale reposait sur la conviction que les Comores disposent d’un fort potentiel, notamment à travers sa jeunesse et ses entrepreneurs. Dans cette dynamique, Expertise France s’est engagée à mobiliser un technicien chargé du suivi, de l’évaluation, de la recevabilité et de l’apprentissage (Sera).


Le Projet Diaspora a, selon ses promoteurs, permis d’accompagner plusieurs initiatives entrepreneuriales portées par des comoriens vivants à l’étranger. «Les actions menées auraient déjà produit des résultats tangibles et mesurables». Le taux de satisfaction des entrepreneurs soutenus aurait atteint 83 %, témoignant de «la pertinence» et de «l’efficacité des interventions mises en œuvre dans le cadre du projet». Par ailleurs, les 28 entreprises accompagnées financièrement auraient enregistré une augmentation de plus de 50 % du nombre d’emplois créés.

Plus de 50 % du nombre d’emplois créés

Le Commissariat chargé de la Diaspora reconnait de son côté avoir également vu ses capacités renforcées grâce à la création d’un espace d’accueil du public et au développement d’un site internet. Le commissaire chargé de la diaspora, Dr Issa Abdoussalami a d’ailleurs mis en avant l’apport du projet dans le renforcement institutionnel. Il a notamment indiqué que cette initiative a permis d’accompagner l’installation et la structuration des services du Commissariat chargé de la diaspora au sein du ministère des Affaires étrangères.

 

De son côté, l’Agence nationale de promotion des investissements (Anpi) dispose désormais d’une plateforme numérique dédiée à la création d’entreprises à distance ainsi qu’un annuaire digital destiné à informer et orienter les entrepreneurs de la diaspora.  Selon les responsables du projet, l’écosystème entrepreneurial de la diaspora commence aujourd’hui à se structurer durablement entre les Comores et l’étranger. Au-delà des investissements financiers, le projet met également en avant le rôle stratégique des compétences issues de la diaspora. Onze missions d’expertise ont été réalisées au profit de plusieurs institutions nationales, notamment la Sonelec, l’Agence nationale de développement du numérique (Anaden), la Banque centrale des Comores et le Parc national de Mwali.


Toujours selon les dirigeants du projet, dix experts volontaires de la diaspora ont ainsi été mobilisés pour accompagner ces institutions dans différents domaines, notamment le pilotage financier et la finance digitale. Enfin, un registre des experts et compétences comoriennes, incluant les profils de la diaspora, a été mis en place afin de pérenniser cette dynamique. Ce registre sera géré par l’Agence comorienne de coopération internationale (Acci). A noter qu’un montant de «2 milliards de francs» a été annoncé pour ce projet.