Dans une émission publiée samedi, Mahamoud Salim Hafi avait accusé le parti au pouvoir de se servir de son compte bancaire pour entretenir des opérations interdites par la loi, ce qui a été démenti par la Crc et Exim Bank Comores.

 

Rendez-vous le 25 septembre à l’audience opposant la Convention pour le renouveau des Comores (Crc) et l’un de ses membres, Mahamoud Salim Hafi. Ce dernier, dans un entretien accordé à Fcbk Fm a publiquement porté des accusations de « blanchiment » à l’encontre du parti au pouvoir. Cités dans l’émission, l’actuel directeur de cabinet chargé de la Défense, Youssoufa Mohamed Ali et la trésorière du parti, Najda Saïd, ont saisi la justice. 

« Fonds douteux » 

Une citation à comparaître a été remise à Salim Hafi «mais il a refusé de la réceptionner», selon l’avocat des plaignants, Me Idrisse Mze Mogne. Dans un point de presse tenu hier dans son cabinet, ce dernier a rapporté que l’ancien ministre de l’Education a fait savoir à l’huissier que Najda et Youssouf Mohamed Ali n’auraient «plus de légitimité pour se constituer au nom de la Crc à cause l’expiration de leur mandat». Mais ce refus n’entamera pas l’audience prévue jeudi prochain, selon Me Idrisse qui s’étonne que l’intéressé refuse de se présenter devant un tribunal pour démontrer ses dires.

 À lire la citation à comparaître, Hafi est accusé d’avoir tenu «des propos injurieux». Des faits réprimés par les articles 231, 234, 237 et 239 du code pénal. «Toutes les personnalités de ce pays répondent aux convocations de la justice et viennent se défendre. Pourquoi Hafi ne le fait pas. Ce serait l’occasion de soulever ces exceptions», croit savoir l’avocat. A l’origine de cette action judicaire, «des accusations de blanchiment et de corruption» présumées caractérisant la Crc.

Salim Hafi a affirmé que «le compte bancaire de la Crc domicilié à Exim Bank Comores recevrait des fonds douteux qui sont virés dans des comptes personnels». La banque a démenti, samedi. «La direction de l’Exim Bank Comores porte à la connaissance du public, de sa clientèle, de ses partenaires et des autorités compétentes que les informations circulant actuellement sur certains réseaux sociaux, l’accusant de faits de blanchiment d’argent ou de participation à des activités financières illicites,

sont totalement fausses, diffamatoires et dénuées de tout fondement», a réagi Exim rejetant catégoriquement «ces accusations malveillantes qui portent gravement atteinte à sa réputation, à son intégrité et à la confiance qu’elle a bâtie au fil des années auprès de sa clientèle et de ses partenaires ». 

La Crc s’en est aussi lavée. «Suite aux allégations portées par Mahamoud Salim Hafi, la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC) tient à démentir formellement l’information selon laquelle le Parti CRC aurait un compte bancaire auprès d’Exim Bank Comores. Afin de lever toute ambiguïté et de rétablir les faits, le parti Crc a saisi officiellement Exim Bank Comores, qui dans une correspondance en date du 18 septembre 2026, a confirmé, après consultation de ses registres, qu’aucun compte bancaire n’est enregistré au nom du parti dans ses livres», a déclaré dans un communiqué le parti au pouvoir.