La restructuration et la modernisation de la filière ylang-ylang ont été au cœur d’une visite de travail d’une délégation conduite par le ministre de l’Agriculture, effectuée à Paris, à la fin du mois de mai dernier. Il s’agit d’une mission de prospection qui vise à relancer un secteur représentant «un pilier économique essentiel du pays, comptant pour près de 20 % des recettes d’exportation et soutenant 10 % des emplois».
Organisée dans le cadre du projet Afidev-Comores, financé par l’Agence française de développement (Afd) et mis en œuvre par Expertise France, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, cette mission, conduite par Dr Daniel Ali Bandar, s’est traduite par une rencontre de haut niveau avec les représentants des grandes marques de la parfumerie, des cosmétiques et des laboratoires spécialisés ainsi que des acteurs institutionnels et privés engagés dans la chaîne de valeur des huiles essentielles.
C’était une occasion pour le ministre de rappeler à ses interlocuteurs que l’ylang-ylang représente bien plus qu’un produit d’exportation pour le pays. «Véritable patrimoine culturel, social et économique, cette filière fait vivre des milliers de familles et constitue l’un des piliers de l’économie nationale», a-t-il expliqué, réaffirmant la volonté du gouvernement comorien de positionner durablement le pays sur les marchés internationaux de la parfumerie et des cosmétiques. Selon lui, cette ambition repose sur une politique axée sur la qualité, la traçabilité, la transparence ainsi que sur la préservation de l’environnement.
Contrôle qualité et traçabilité
Au cours des échanges, les participants ont pris connaissance «des avancées réalisées» dans la mise en place d’un dispositif national de contrôle qualité et de traçabilité des huiles essentielles. «Ce système innovant prévoit notamment le contrôle obligatoire des lots destinés à l’exportation, la digitalisation des certificats d’exportation, le déploiement d’outils de traçabilité sécurisés, le renforcement des capacités des laboratoires nationaux ainsi que la mise en œuvre prochaine d’un système de traçabilité intégrale permettant de suivre le produit de la fleur au flacon», a-t-on souligné dans un communiqué du ministère de l’Agriculture.
Au cours de cette rencontre, les experts nationaux ayant pris part à la mission ont également présenté le projet «Totem», une initiative visant à structurer et à rendre plus éco-responsable la filière des plantes à parfum. La démarche est destinée à moderniser les pratiques agricoles, encourager les circuits courts et assurer la traçabilité des matières, à en croire la présentation effectuée.
«Les discussions ont mis en évidence la volonté partagée des acteurs locaux et de leurs partenaires internationaux de construire des relations commerciales durables, fondées sur la confiance», a noté le ministère de l’Agriculture, selon qui, les participants ont salué les efforts fournis par le pays pour repositionner l’ylang-ylang comorien sur les marchés internationaux de la parfumerie et des cosmétiques.
Autre sujet abordé au cours de la rencontre : les enjeux de la transition écologique du secteur, notamment la réduction de la consommation de bois dans le processus de distillation, le développement de solutions énergétiques alternatives et la préservation des ressources naturelles.
«Les Comores sont le premier producteur mondial d’essence d’ylang-ylang, fournissant environ 70 % de la production mondiale», a-t-on souligné.
Ce secteur représente «un pilier économique majeur de l’archipel, comptant pour près de 20 % des recettes d’exportation et soutenant 10 % des emplois du pays». Le marché international de l’ylang-ylang est un secteur de niche très spécialisé, «évalué à plus de 200 millions de dollars». Le pays compte quelque «10 000 producteurs d’ylang-ylang, dont la grande majorité se trouve sur l’île de Ndzuani», selon toujours les informations communiquées.
Sur le marché international, le prix de l’huile essentielle d’ylang-ylang «Extra», et que «la qualité la plus prestigieuse, varie généralement entre 1 400 et 2 400 euros le litre, soit plus de 690 000 francs comoriens à plus de 1 850 000 francs comoriens le litre». À la revente en gros, les prix d’exportation se négocient souvent entre 150 et 300 euros le litre selon la pureté et la certification.




