L’association Malezi Mema de Ndzuani a mis en place la première zone de pêche interdite ou réserve marine permanente aux Comores en 2021, au Sud-ouest de l’île, avec le soutien de l’Ong Dahari. Près de cinq ans après, ces efforts sont couronnés de succès par un prix international.


The Ocean Awards 2026 ou Prix de l’océan 2026 a été décerné, jeudi 20 août à l’Ecole nationale de pêche à Mirontsi, à l’association Malezi Mema de Vassy-Dzindri-Salamani, trois localités côtières de Ndzuani. Elle a été nominée dans la catégorie Community Impact par l’organisation scientifique Nekton Mission et le magazine Boat International. L’annonce a été faite par le président du Conseil d’administration de Dahari, Dr Anssoufouddine Mohamed, et la remise à l’association a été faite par le ministre de l’Environnement, Abubakar Ben Mahmoud.

 Les lauréats se sont vus remettre, outre le Certificat signé par le Directeur général de Boat International, un moteur hors-bord. Le prix international récompense l’effort collectif et local mené par ce groupe de pêcheurs et pêcheuses traditionnels pour la protection et la restauration de la biodiversité marine locale. Nekton Mission et Boat International honorent chaque année les contributions mondiales majeures à la résolution de la crise des océans.  Lancée initialement sur une petite surface au sein du Parc national de Shisiwani, cette initiative gérée de manière communautaire a permis une augmentation de la biomasse de poissons.

Ce succès écologique et économique a poussé les pêcheurs et les pêcheuses à doubler la superficie de la réserve et inspire désormais plusieurs autres villages de Ndzuani à dupliquer ce modèle de gestion marine durable.  A souligner que sur l’île, la protection des récifs coralliens et des écosystèmes marins est portée par des organisations locales dynamiques appuyées par l’Ong Dahari et ses partenaires internationaux.

Dahari – Komori ya leo na meso – demeure l’acteur clé de la conservation à Ndzuani, visant à appuyer les pêcheurs et pêcheuses dans la mise en place d’un réseau de réserves permanentes pour restaurer les récifs et bénécifier aux pêcheurs. L’association Malezi Mema, à l’origine de la création de la réserve marine permanente de Vassy, travaille avec l’association des pêcheuses Maecha Bora des villages de Dzindri, Salamani et Vassy pour la gestion marine de leur zone, selon Dahari.

Il y a aussi la collaboration avec sept autres associations des pêcheurs des villages de Moya, Maweni, Kowe et Imere. Dahari n’a pas encore exporté ce modèle de gestion marine dans les autres îles. «En tout cas pas directement», à en croire Misbahou Mohamed, co-Directeur de l’Ong. «Des visites d’échanges avec des communautés de pêcheurs d’autres villages et de Mwali et Ngazidja ont eu lieu régulièrement pour partager l’approche et inspirer à la réplication», soutient-il.

Tous les types de pêcheurs sont impliqués ensemble dans la gestion, car les mesures les impactent tous suivant les zones. Les piroguiers sont impliqués comme les plongeurs qui sont actifs sur le récif. Ces associations ont mis en place jusqu’alors, en tout, quatre réserves permanentes d’une superficie de 120 hectares, et les bénéfices se font ressentir pour les pêcheurs avec une augmentation des prises. 


Durant ce processus de mise en place et gestion des réserves, les associations ont également renforcé leurs capacités de gouvernance et l’appropriation des mesures, ainsi que renforcé la collaboration avec les autorités locales et régionales, montrant qu’une gestion communautaire efficace existe.