Les 14 et 15 février à Ndzuani, des assises ont été organisées pour dresser un état des lieux des violences basées sur le genre et proposer des réponses concrètes.

 

Ndzuani a accueilli les Assises nationales sur les violences basées sur le genre, organisées par le ministère de la Promotion du genre avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa), du 14 au 15 février à Dar Nadjah, le siège du gouvernorat de l’île. Ces rencontres ont réuni acteurs institutionnels et partenaires autour de travaux en ateliers et de la restitution de recommandations.En 2025, les quatre services d’écoute de Ndzuani ont enregistré 275 cas de violences basées sur le genre (Vbg), dont 219 femmes victimes. Parmi ces incidents, 43 % concernent des agressions sexuelles, 93 % des victimes sont des femmes et 50 % ont entre 4 et 17 ans. Les cas détaillés incluent 93 violences sexuelles, 84 châtiments corporels dans les écoles coraniques, 19 violences physiques et 69 violences psychologiques. Sur 137 dossiers transmis à la justice, seules 34 affaires ont été jugées.


À l’ouverture des assises, la ministre de la Promotion du genre, Fatima Ahamadi, a déclaré : « Ces assises sont décentralisées afin de toucher l’ensemble des îles. Elles visent à écouter les communautés et à construire des réponses adaptées. » Elle a également annoncé « l’élaboration d’une feuille de route 2026-2030 fondée sur des données fiables et mesurables ».Le gouverneur de Ndzuani, Dr Zaidou Youssouf, s’est attardé sur l’ampleur du phénomène et la nécessité d’une action ferme. « La peur doit changer de camp. Les auteurs se trouvent souvent au sein même des familles. La prise en charge doit être médicale, psychosociale, sécuritaire et socio-économique», a-t-il préconisé. Parmi les nouvelles formes de violences, «la cyberviolence» a été identifiée, tandis que des défis majeurs persistent, notamment «l’insuffisance de personnel, la faible visibilité en milieu rural et la lenteur des procédures judiciaires».


Lors de ces assises, plusieurs engagements ont été annoncés. Le gouverneur a promis de «constituer le gouvernorat partie civile en cas de mariages précoces» et de « créer une caisse d’aide aux victimes». Le procureur a proposé «un système d’indemnisation» et a promis «la lutte contre les arrangements à l’amiable et des poursuites systématiques contre les mariages sans consentement».Ces assises se poursuivront à Ngazidja et Mwali, dans le but de renforcer la prévention, d’améliorer la prise en charge des victimes et de sensibiliser l’ensemble des communautés comoriennes.