L’île de Mwali vient de lancer une période de repos biologique de trois mois pour les poulpes, une mesure visant à régénérer les stocks et préserver durablement les écosystèmes marins locaux.
Du vendredi 31 octobre au samedi 1er novembre, à Nyumashuwa et Wallah Miremani, s’est tenue une cérémonie marquant officiellement l’ouverture de la période de fermeture destinée au repos biologique des poulpes dans l’ensemble des villages côtiers de Mwali.Cette initiative, portée conjointement par le Parc national de Mwali (Pnm), l’Association de gestion du poulpe de Miremani, l’Ong « Wandzani Wazi Mbwedza » de Nyumashuwa, ainsi que la direction régionale de la pêche, s’inscrit dans le cadre de la cogestion durable des ressources halieutiques marines.Prévue pour durer trois mois, de novembre à janvier, cette fermeture temporaire vise à interdire la pêche du poulpe afin de lui permettre de se reproduire. Selon le directeur par intérim du Pnm, Mouchdati Madi Bamdou, l’objectif est d’augmenter à long terme les stocks de poulpes, d’améliorer la taille moyenne des individus et de favoriser la régénération de l’écosystème marin, notamment des coraux et des herbiers.
La cérémonie s’est déroulée sur les plages des localités concernées, en présence des représentants du gouvernorat de Mwali, du Pnm, de l’Armée nationale de développement (And), de l’Institut national pour la recherche en agriculture, pêche et élevage (Inrap), des communautés locales et du partenaire du projet Noé. Tous ont souligné un engagement collectif fort en faveur de la conservation marine. « Pendant la période de reproduction, on ne pêche pas. On les laisse se reproduire pour qu’ils soient plus nombreux à la réouverture, mais aussi pour assurer le stock sur le long terme. Ce processus a débuté pour la première fois à Mwali en 2017, à l’initiative du Pnm en collaboration avec l’Ong Dahari. À cette époque, un seul village participait ; ils sont aujourd’hui une vingtaine. Grâce à ce système, tout l’écosystème (coraux et herbiers compris) profite de la pause imposée par le repos biologique pour se régénérer», a expliqué Mouchdati Madi Bamdou.De la plage de Hagnatsani jusqu’à Mihunguni, c’est à Nyumashuwa, chef-lieu de la région de Mledjele, que se trouve le plus vaste herbier marin de l’île. Toutefois, afin de ne pas priver les pêcheurs de leurs moyens de subsistance, la restriction ne s’applique que sur le site de Mwadjiyo, à Hamwahame.
Des amendes sont prévues contre tout contrevenant à cette mésure. «Les poulpes, bien qu’ils soient dotés d’une grande intelligence, ont une espérance de vie très courte. Ils ne se reproduisent qu’une seule fois au cours de leur existence. Après l’accouplement, qui peut durer plusieurs heures, la femelle dépose environ 5 000 œufs sous forme de cordons fixés au plafond d’une anfractuosité rocheuse. Durant toute la période d’incubation, elle ne quitte pas son terrier, se consacrant au nettoyage des œufs jusqu’à mourir de dénutrition et d’épuisement. C’est donc une espèce indispensable à protéger», a expliqué le directeur de l’Inrap, Houmrak Ousseine Madi, dans son allocution.
Même après la réouverture de la pêche, l’activité restera encadrée afin de préserver les ressources. L’utilisation de barres de fer, jugées destructrices pour les coraux et donc pour l’habitat du poulpe, sera strictement interdite. La capture de poulpes pesant moins d’un kilo sera prohibée, et la pesée de la pêche deviendra obligatoire.




