A Fomboni, les préparatifs de l’Aïd el-fitr, commencent progressivement à se faire sentir. Comme chaque année en cette période, les habitants venus des différentes régions de l’île convergent vers la ville afin d’acheter vêtements, chaussures et articles de décoration pour embellir les maisons et préparer la fête pour les enfants. Au marché de Fomboni, lieu stratégique pour ces achats, commerçants et vendeurs se précipitent habituellement pour installer leurs stands.
Des étals se dressent de la place de l’Indépendance au bazar, jusqu’au quartier de Salamani. Pourtant, l’ambiance observée cette année apparaît quelque peu différente de celle des années précédentes. Chaque vendeur dispose d’un espace d’environ 1,5 mètre pour exposer ses marchandises.
L’installation est soumise au paiement d’un droit fixé à 7 500 francs comoriens par le gouvernorat de Bonovo.
«Chaque année, nous effectuons nos réservations bien avant l’arrivée du ramadan, car les emplacements sont limités alors que les vendeurs sont de plus en plus nombreux. Cette année, nous avons payé 7500 francs, mais certains ont reçu des tickets à 10 000 francs parce qu’ils sont arrivés tard», explique un agent du gouvernorat. Malgré la présence de nouvelles marchandises sur les étals, la fréquentation reste encore modérée. Plusieurs causes sont à l’origine de cette situation.
Des marchandises encore limitées et des prix élevés
D’abord, une partie des commerçants n’a pas encore dédouané ses marchandises, ce qui limite la diversité des produits disponibles pour les acheteurs selon les concernés. À cela s’ajoute l’attente du paiement des salaires pour de nombreux employés, notamment celui du mois de février, qui tarde encore à être versé.
Cette situation freine le pouvoir d’achat des ménages. Par ailleurs, les prix des articles proposés sont jugés relativement élevés par certains clients. «Une robe pour un enfant de 10 ans se vend entre 12 500 et 15 000 francs l’unité, sans compter les accessoires comme les hijabs ou les chaussures. Pour les garçons, les prix sont un peu plus bas. On trouve des pantalons entre 5 000 et 7 500 francs et des chaussures autour de 4 000 francs.
Quant aux boubous pour hommes, leurs prix varient selon la taille. Mais pour habiller un seul enfant, il faut prévoir au moins 20 000 francs du côté garçon», explique Nematie, une jeune vendeuse installée au parking du marché avec ses articles. Selon Mohamed Anli, plus connu sous le nom de Babou, cette hausse des prix s’explique aussi par l’origine des marchandises. «Si les prix sont plus élevés qu’ailleurs, c’est parce que beaucoup de commerçants occasionnels se ravitaillent à Ndzuani ou à Ngazidja. Ils privilégient surtout les vêtements pour enfants.
À Mwali, les parents préfèrent souvent habiller leurs enfants avant eux-mêmes. Un homme peut porter le boubou de l’année précédente pour aller à la mosquée le jour de l’Aïd, tant que le vêtement reste de bonne qualité», confie ce chauffeur qui profite également de cette période pour vendre quelques articles. Afin de faciliter l’installation des commerçants et d’offrir davantage d’espace aux stands, la municipalité de Fomboni a décidé d’interdire le stationnement des automobiles au parking du marché public ainsi qu’aux alentours.
Désormais, les véhicules en provenance des régions de Djando et de Mlédjélé stationnent au parking de Salamani, en face de l’hôpital de Fomboni. De leur côté, les voitures assurant les rotations vers l’ouest de l’île, notamment la région de Moimbao, se sont installées à la place de l’Indépendance.
Par ailleurs, les produits vivriers sont aujourd’hui plus abondants sur le marché, contrairement aux quinze premiers jours du mois sacré où leur disponibilité était plus limitée. Toutefois, cette abondance attire encore peu de clients pour le moment, les habitants semblant privilégier les achats liés à la préparation de l’Aïd el-fitr.



