À Fomboni, pêcheurs et institutions locales ont signé un accord de cogestion visant une exploitation durable des ressources marines, avec règles strictes et sanctions pour préserver les écosystèmes côtiers.

 

Dans une volonté de renforcer la gestion durable des ressources marines et côtières et d’améliorer les conditions de vie des populations, un accord de cogestion de la pêche traditionnelle et artisanale a été signé le mercredi 22 avril à la plage de Mabahoni, à Fomboni.Ce dispositif réunit plusieurs acteurs locaux, notamment l’Association des pêcheurs de Fomboni, la Direction régionale en charge de la pêche, de l’environnement et des forêts, la commune de Msutruni, l’association des jeunes pour le développement de Monimwamdji, la gendarmerie nationale ainsi que le projet Resea, à travers les aires marines gérées localement par les communautés.

D’une longueur de neuf pages, cette charte collaborative vise à encadrer l’utilisation, la gestion et l’entretien du centre communautaire de formation dédié à la gestion durable des ressources marines et côtières. «Son objectif principal est d’instaurer une exploitation durable des ressources halieutiques, en particulier la pêcherie du poulpe dans la zone de pêche de la communauté de Fomboni», a précisé Saïd Abdoulbark Aboubacar, spécialiste en gestion des ressources halieutiques et en cogestion des pêcheries côtières.L’accord couvre également les poissons pélagiques, dont l’exploitation pourrait contribuer à réduire la pression exercée sur les espèces démersales, tout en diversifiant les activités des pêcheurs. Le texte introduit par ailleurs des mesures strictes pour encadrer les pratiques de pêche.

 Les structures de surveillance communautaires

Les articles 11, 12 et 13 interdisent formellement l’usage de poison ou de toute substance susceptible de nuire aux espèces marines. Toute infraction entraîne la saisie des captures et une amende de 25 000 francs comoriens, notamment pour l’utilisation de moustiquaires ou de draps. En cas de récidive, les contrevenants s’exposent à des poursuites judiciaires. L’usage de filets prohibés est sanctionné par une amende de 300 000 francs. 


Lorsque les infractions sont constatées par les structures de surveillance communautaires mises en place par les villageois, les recettes issues de la vente des captures saisies ainsi que les amendes sont reversées aux associations impliquées dans la cogestion. Toutefois, certaines interrogations subsistent quant à la portée de ce dispositif. Alors que l’île de Mwali est classée réserve de biosphère mondiale, la cogestion se limite pour l’instant aux zones marines. Une approche qui interroge, au regard des pressions croissantes exercées sur les espaces terrestres, dont les impacts se répercutent directement sur les écosystèmes côtiers.