Face aux risques liés à l’arrivée de migrants en provenance de zones touchées par Ebola, la gendarmerie de Mwali mène une campagne de sensibilisation pour prévenir toute propagation de l’épidémie.
Face à la hausse des flux migratoires en provenance des pays des Grands Lacs vers les Comores, en particulier vers l’île de Mwali, la gendarmerie nationale a intensifié ses actions de sensibilisation. Mercredi 3 juin 2026, le groupement de la gendarmerie de Mwali a sillonné la région de Djando, notamment les villages d’Itsamia et de Hanyamwada, afin d’informer les populations sur les mesures de précaution à adopter face au risque de propagation de la maladie d’Ebola.
Selon un haut gradé de cet organe de l’armée nationale de développement au niveau local, cette campagne intervient dans un contexte marqué par l’arrivée de migrants en provenance de la République démocratique du Congo, pays où l’épidémie sévit depuis plusieurs semaines et continue de se propager rapidement. L’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs qualifié, à la fin du mois de mai, la situation d’«urgence de santé publique de portée internationale», avec un bilan de plusieurs centaines de morts.
Une situation préoccupante
«Notre objectif est d’inviter la population à éviter tout contact physique direct avec les migrants nouvellement arrivés. Les gestes barrières consistent notamment à éviter les poignées de main, ainsi que la manipulation des effets personnels, avant l’intervention et l’évaluation sanitaire par les agents de santé compétents. Les Mohéliens doivent faire preuve de vigilance et respecter strictement les consignes des autorités afin de mieux se protéger», a expliqué le commandant Abdallah Ibrahim, chef du groupement de la gendarmerie à Mwali. Le commandant explique également que la situation reste préoccupante, même si aucun cas de la maladie n’a été signalé dans le pays à ce jour.
En avril comme en mai, une quarantaine de migrants ont été identifiés à l’est de l’île, notamment à Hamavuna, ainsi qu’une soixantaine d’autres à Nyumashuwa. Pris en charge dans des conditions précaires par des associations locales, ils ont bénéficié d’une assistance humanitaire, avant d’être aperçus, quelques heures plus tard, circulant librement dans les villages ou jouant sur les plages. «Ces comportements, bien qu’animés d’un esprit humanitaire, peuvent avoir des conséquences sanitaires dramatiques en cas d’introduction d’une maladie aux Comores», a conclu le haut gradé. Cette campagne de sensibilisation se poursuivra dans les autres localités de l’île avec les mêmes objectifs.





