La rareté des cigarettes sur le marché comorien a entraîné une forte hausse des prix, poussant de nombreux consommateurs à revoir leurs habitudes. Certains diminuent leur consommation, d’autres abandonnent progressivement les paquets au profit d’achats à l’unité.
La pénurie de cigarettes qui touche le marché depuis plusieurs mois bouleverse les habitudes des fumeurs. Face à l’augmentation spectaculaire des prix, plusieurs consommateurs affirment avoir réduit leur consommation, tandis que d’autres peinent encore à se procurer leur marque habituelle.
Ahmed Houlam, un consommateur de cigarettes, témoigne de l’impact de cette situation sur son quotidien. «Pour moi, un paquet de cœlacanthes que j’achetais auparavant à 500 francs coûte maintenant 3 000 francs», explique-t-il. Selon lui, certains vendeurs proposent même le paquet jusqu’à 4 000 francs, une hausse qui a contraint plusieurs fumeurs à revoir leurs dépenses. «Je n’ai plus acheté de paquet de cigarettes à cause de mes moyens financiers. Je préfère acheter en détail. Les moyens sont difficiles pour acheter un paquet à 3 000 francs. Je réduis ma consommation», confie-t-il.
Un changement de rythme
Avant cette flambée des prix, Ahmed affirme qu’il pouvait consommer jusqu’à quinze cigarettes par jour. Aujourd’hui, il se limite à cinq cigarettes achetées à l’unité pour environ 500 francs. Pour lui, cette crise a également eu des conséquences sur sa santé et son budget. Il s’inquiète toutefois de l’apparition de produits alternatifs sur le marché. «Certains consommateurs prennent les cigarettes qui viennent de Tanzanie, ce qui est très dangereux pour leur santé », alerte-t-il.
De son côté, Hilaloudine Mchinda estime que la pénurie l’a obligé à réduire progressivement sa consommation.«Je dépense beaucoup d’argent par jour. Depuis les mois passés, j’ai dépensé entre 2 500 et 3 000 francs par jour, c’est beaucoup d’argent», raconte-t-il. Malgré ces dépenses importantes, il affirme avoir profité de cette période pour diminuer son addiction. «Grâce à cette pénurie, j’ai réduit ma consommation. Je ne fume pas comme avant et j’ai arrêté d’acheter des paquets», indique-t-il. Il assure également ne pas vouloir se tourner vers d’autres substances. «Je n’ai jamais essayé de fumer un autre produit que les cigarettes», précise-t-il. Pour Idjabou Adam, cette situation a presque imposé un changement de rythme.
«Maintenant, je suis obligé de réduire la consommation. Je ne fume que le matin et le soir», explique-t-il. Alors qu’il consommait auparavant une quinzaine de cigarettes par jour, il se limite désormais à deux cigarettes quotidiennes. Selon lui, cette contrainte représente aussi un avantage financier. «Au lieu de consommer quinze cigarettes en une seule journée, je suis obligé d’acheter deux cigarettes pour 200 francs pour une journée», souligne-t-il. La pénurie de cigarettes, loin de provoquer uniquement des difficultés pour les consommateurs, semble donc avoir poussé certains fumeurs à réduire leur consommation. Mais la hausse des prix et la circulation de produits non contrôlés soulèvent également des inquiétudes sur les conséquences sanitaires de cette crise



