Les professionnels de la boulangerie craignent une rupture de production alors que les marchés, boutiques et magasins peinent à être approvisionnés. Certains commerçants profiteraient déjà de la situation pour augmenter le prix.
Depuis quelques jours, la farine se fait rare dans les marchés, dans les magasins et les boulangeries de Moroni. Cette situation commence à inquiéter les professionnels du secteur, qui redoutent une interruption de leurs activités si le nouvel approvisionnement tarde à arriver.
Lors d’une visite effectuée au marché de Volo-volo, Al-watwan a constaté des difficultés d’accès à ce produit de première nécessité. Certains commerçants auraient profité de cette rareté pour revoir les prix à la hausse. Un kilogramme de farine se vendrait jusqu’à 750 francs comoriens lorsqu’il est disponible.
Du côté des boulangeries, les stocks diminuent progressivement. La boulangerie-pâtisserie Nassib a affirmé ne disposer que d’une faible réserve. «Nous n’avons pas de stock suffisant pour continuer notre activité», expliquait, jeudi dernier, un responsable, qui ajoutait que «la situation a commencé à se faire sentir depuis deux jours». Pour éviter de pénaliser les clients, l’établissement comptait utiliser ses dernières réserves en attendant l’arrivée d’un nouvel approvisionnement. «Nous espérons dans quelques jours l’arrivée d’un bateau», a-t-il indiqué.
Un retard d’approvisionnement
Le gérant de la boulangerie de Salimamoud, Mahamoud Soidiki Mahamoud, a évoqué également un problème lié à l’approvisionnement. Selon lui, quelques réserves permettent encore de maintenir la production, mais la situation reste préoccupante. «C’est l’approvisionnement qui a du retard, nous attendons», explique-t-il. Il estime que la période actuelle, marquée par le retour de nombreux visiteurs venus pour les cérémonies de grand mariage, contribue aussi à une forte demande. «Plus il y a de «Je-viens» qui arrivent pour faire le grand mariage, plus la farine devient rare», souligne-t-il.
Le responsable espère un retour rapide à la normale afin d’éviter une rupture totale de la production de pain. Il évoque également les difficultés liées au carburant, notamment le manque de gasoil, qui pourrait compliquer davantage la distribution même après l’arrivée des stocks. À la boulangerie Hawasu, le constat est similaire. Sa responsable affirme que la farine est devenue difficile à trouver. «J’ai entendu qu’il y a des stocks dans les magasins, mais on ne trouve pas. Les commerçants disent qu’il n’y en a pas», témoigne-t-elle.
L’entreprise fonctionne actuellement grâce à ses réserves, qui pourraient s’épuiser rapidement. «Nous utilisons nos stocks et je pense que dans deux jours ça va finir», alerte-t-elle. Malgré cette inquiétude, la patronne de la boulangerie assure vouloir rassurer ses clients et faire le nécessaire pour continuer à les servir. Elle espère une amélioration de la situation dès la semaine prochaine, notamment avec l’arrivée annoncée d’un bateau au port.





