Des pêcheurs rencontrés par Al-watwan ces dernières semaines déplorent «le manque d’accompagnement» dans leur activité. A Bangwa la Hambuu, Hadisse Moussa, un des pêcheurs rencontrés, indique ses préoccupations. Il aborde l’historique de la pêche dans la localité, les différents types d’embarcation, la révision de la rive au fil des années, les risques parcourus pour amarrer, les pertes matérielles et corporelles, entre autres.
Evoquant les appuis apportés par l’Etat comorien, Hadisse Moussa a cité précisément la construction et la réhabilitation de la rive à travers plusieurs projets appuyant le secteur de la pêche. Le quadragénaire reconnaît formellement les appuis du gouvernement sur le secteur, lesquels ont permis de former plusieurs cadres et de développer la localité. Hadisse Moussa a saisi l’occasion pour saluer les démarches entreprises par la Garde-côte comorienne et la direction de la pêche pour la sécurité des pêcheurs et la réglementation en leur dotant de cartes professionnelles, cartes grises et des immatriculations des vedettes.
«A nos jours, il faut avoir ses cartes et le numéro de matricule pour partir à la pêche. Et notre coopérative veille là-dessus même si tous les cinq ans, c’est un nouveau format de carte. Cela est mis en place pour notre sécurité mais aussi pour pouvoir circuler par rapport aux contrôles de la garde côte comorienne», a-t-il expliqué. Même son de cloche pour Mohamed Saandi, ancien pêcheur et membre de la coopérative des pêcheurs de Salimani ya Hambuu, rencontré au petit quai de cette localité.
Ce dernier est également revenu sur ces deux dernières années et mentionné plusieurs difficultés rencontrées. Le quinquagénaire a souligné la cherté de la vie, la multiplication du nombre de vedettes ces derniers temps (donc la concurrence), l’inflation, l’entretien des équipements trop coûteux et le manque d’appui de la direction de tutelle.
Bien travailler en toute securité
«Sans trop de detailss, pour commencer la journée, il faut au minimum 30 000 franc comoriens. Heureusement, il y a à côté quatre citernes de carburant pour les pêcheurs. Elles sont là depuis presque 20 ans. Cependant, il faut l’avouer, le coût du carburant impacte le service», a-t-il insisté, avant d’espérer à l’avenir une baisse du prix des carburants.
S’agissant de la sécurité et de la circulation des pêcheurs, Mohamed Saandi a fait savoir que si un pêcheur ne présente pas les conditions nécessaires qui lui permettent de travailler, notamment «les pièces administratives, une torche, un téléphone, un GPS» la coopérative immobilise la vedette de ce dernier et lui fait savoir qu’il ne peut pas partir au large. «La vedette est immobilisée par la coopérative. Avant d’être immobilisée par la Garde-côte comorienne, nos pêcheurs prennent les mesures nécessaires en se conformant aux statuts et aux règles de l’Etat», a-t-il précisé.
Concernant les difficultés rencontrées, cet ancien pêcheur de Salimani ya Hambuu a déploré le fait que la Garde-côte comorienne ne les accompagne pas dans les formalités administratives, notamment par rapport «aux retards d’obtention du permis ou du numéro d’immatriculation à la direction de la pêche». Quant-au flux des prix, Mohamed Saandi a répondu que cela dépend de la saison et la disponibilité des poissons. A Shindini, dans la région de Mbadjini, Mahamoud Mbadjini a axé son témoignage autour de la réglementation et du manque de soutien des autorités.
Toutefois, il a reconnu une erreur de la part de certains pêcheurs de ne pas être en règle. Il a tenté d’expliquer le pourquoi du comment. «D’abord le pêcheur s’achète le Gps et doit se déplacer jusqu’à Moroni pour la demande de la carte grise, du numéro d’immatriculation qui coûte 15 000 francs et de la carte professionnelle qui coûte 5 000 francs. C’est pourquoi certains ne sont pas en règles.
Ensuite, cela fait presque un an, il n’y a pas eu de contrôle au large. Il est rare que la direction de la pêche vienne ici pour nous fournir les pièces qu’il faut», a expliqué le président de la coopérative des pêcheurs de Shindini avant de regretter le fait que la direction de la pêche ait récupéré la balise qu’elle avait offerte à la coopérative de Shindini. La direction nationale de la pêche n’a pas souhaité réagir, malgré les démarches engagées par Al-watwan visant à recueillir sa réaction.




