Quelques améliorations mais qui ne sont pas significatives. Telle est la conclusion tirée par le gendarme du secteur des télécoms à l’issue de la dernière campagne du contrôle de la qualité des services fournis par les opérateurs. Après 2023 et 2024, l’Autorité nationale de régulation des technologies de l’information (Anrtic), a présenté les résultats de sa campagne de 2025, dans ses locaux, devant le ministre des Télécommunications, et des deux opérateurs implantés aux Comores. 


Il faut dire que, comparé à l’année dernière, ni Yas, ni Comores télécom, n’ont obtenu une moyenne soutenable. Sur 22 indicateurs, l’opérateur historique n’a eu qu’une note de 8/22, contre 7/22 pour son concurrent.  Pour cette nouvelle édition, les travaux ont couvert une période de deux mois. Les équipes du régulateur ont choisi des points dans chaque île pour mesurer la qualité des services à savoir les appels, sms, data.  A Ngazidja, nous apprend le rapport de l’Anrtic, les indicateurs à améliorer pour Comores Telecom, sont au nombre de 8, 12 au niveau de Ndzuani et 10 à Mwali.

Yas, est loin d’être un bon élève puisque les conclusions de la campagne, lui recommandent de revoir 11 indicateurs sur 22, à Ngazidja, 13 à Ndzuani et 14 à Mwali. Pour mieux contrôler les services fournis aux consommateurs, le régulateur avait défini différents seuils pour mesurer les indicateurs les plus utilisés, comme le taux de réussite d’un appel, ou des sms. La vérification était menée à l’intérieur et en dehors des maisons et des voitures. Mais il s’est révélé que la qualité variait d’une île à l’autre.  


A Ngazidja, les résultats sur la voix sont conformes, pouvait-on lire sur la présentation, assurée conjointement par le coordinateur technique de l’Anrtic, le Dr Kaissoine Abdou et son collègue, chef du service qualité, Hassani Assoumani. A Ndzuani, le délai moyen d’établissement d’un appel pour un abonné de Yas est de 6.4 secondes, contre 8.8s chez un client du réseau huri, alors que le seuil ne doit pas dépasser 8s. Cela veut dire que le score de l’opérateur historique est au-dessous de la norme, donc en régression par rapport à l’année 2024.

A Mwali, en revanche, voir son appel aboutir avec une puce de Yas, est compliqué que chez son concurrent. Même tendance pour le taux de coupure d’un appel. Alors que le seuil du régulateur est de 5, Comores Telecom et Yas, se retrouvent respectivement avec des scores de 2.69 et 6.81. 
Le volet des Sms, lui est le mieux noté, pour les deux opérateurs sur l’ensemble des îles. En effet, le taux de succès d’envoi d’un message écrit, tout comme celui du délai d’émission sont conformes.

Toutefois, des améliorations sont attendues dans la fourniture du data. Selon toujours les résultats de l’enquête de terrain du régulateur, les deux opérateurs n’ont pas atteint le seuil en ce qui concerne le taux de débit de réception d’un fichier, surtout à Ngazidja. A la fin de la présentation, le ministre des Postes, Oumouri Mmadi Hassani, n’a pas été tendre envers les opérateurs, leur soulignant que les services ne pouvaient rester en l’état, à un moment où le pays s’apprête à inaugurer un grand hôpital universitaire. 


«Il ne sera pas admissible qu’un médecin, les techniciens, les malades ne puissent pas communiquer depuis l’intérieur», a-t-il prévenu, appelant Yas et Comores Telecom à trouver un terrain d’entente pour partager les infrastructures. De leurs côtés, les deux opérateurs représentés par leurs directeurs généraux, ont reconnu que des efforts doivent être consentis. Quant au président de l’association des consommateurs des Tics, Hamidou Mhoma, il a dressé un constat amer. « Nous avions espéré que la répétition de ces contrôles permettrait aux opérateurs de rectifier le tir hélas.

 Sur la question des seuils et de la conformité, l’Actic s’étonne de la facilité avec laquelle certains indicateurs sont déclarés «conformes». Pour nous, le problème réside dans le niveau d’exigence », a déploré, Mhoma. S’il a salué les améliorations constatées, le directeur général de l’Anrtic, Said Bouhtane, estime que beaucoup reste à faire. « Nous ne devons pas nous arrêter là. Il reste encore beaucoup à faire pour atteindre nos objectifs fixés par les cahiers de charge et répondre aux attentes des consommateurs », a-t-il rappelé.