Après la formation qu’elle a eue en matière de transformation des produits agricoles locaux, à travers le projet de développement socio-économique mis en place à Mindradu, au sud de Ngazidja, Raida Chouhez ne jure que par la valorisation des richesses locales. Il s’agit, pour elle, d’une opportunité qui a, profondément et complètement changé sa vision des ressources naturelles du pays. C’est ainsi qu’elle appelle la jeunesse à miser sur l’agriculture car, après sa formation en transformation de ces derniers, elle a compris que les Comores détiennent des richesses incomparables.

 

Native de la ville de Mindradu dans la région de Mbadjini, Raida Chouhez incarne aujourd’hui une jeunesse comorienne engagée, formée et résolument tournée vers le développement local. Diplômée en tourisme, à l’Institut universitaire de technologie (Iut) de l’Université des Comores, Raida Chouhez est surtout marquée par un fort esprit de volontariat et d’entrepreneuriat.Avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, la jeune Raida a consacré une partie de son temps au volontariat, au sein du Croissant-Rouge comorien (Crco). Il s’agit, pour elle, d’une expérience qui a renforcé son sens de la solidarité et du service pour la communauté. «Cet engagement citoyen a été un socle important dans mon parcours personnel et professionnel», a-t-elle indiqué.

Aujourd’hui, Raida Chouhez fait partie des bénéficiaires des projets de transformation des matières premières locales, initiés à Mindradu par des Ong partenaires des Émirats arabes unis. Grâce à ces programmes, elle a suivi une formation continue spécialisée dans la transformation et la production des épices locales, une opportunité qui a, selon elle, profondément changé sa vision des ressources naturelles du pays. À l’issue de cette formation, elle est devenue présidente d’une petite entreprise locale, spécialisée dans l’extraction des huiles essentielles à base de clous de girofle, mais aussi dans la transformation de produits comme la vanille, l’ylang-ylang, le curcuma, le gingembre et d’autres épices locales. «L’objectif est apporter une valeur ajoutée aux matières premières comoriennes, longtemps utilisées uniquement à des fins domestiques», a-t-elle expliqué. Dans cette entreprise majoritairement féminine, Raida veille à l’épanouissement des travailleuses. 


Elle souligne que les femmes y trouvent non seulement un apprentissage technique, mais aussi une source de motivation et d’autonomie financière. «Les femmes qui travaillent ici sont épanouies, car elles apprennent à valoriser nos matières premières tout en recevant de petites primes d’encouragement», a-t-elle mentionné. Fière de son engagement, la jeune présidente ne cache pas son attachement à sa ville natale et à son pays. «C’est une immense fierté d’être au service de notre ville en particulier et du pays en général. Avant, je voyais des plantes que nous utilisions simplement dans nos foyers. Aujourd’hui, avec les compétences que j’ai acquises, je les vois autrement. C’est une grande richesse que nous avons dans notre pays», a-t-elle souligné.


Raida Chouhez a saisi l’occasion pour adresser un message fort à la jeunesse comorienne. «Si j’ai un conseil à donner aux jeunes, c’est de se lancer dans l’agriculture. Aujourd’hui, on peut tout transformer et vendre à l’extérieur grâce à nos partenaires des Émirats arabes unis», a-t-elle encouragé, citant l’exemple du curcuma, dont le kilogramme acheté à 1 500 francs comoriens peut atteindre 15 000 francs, voire plus, une fois transformé.
À travers son parcours, Raida Chouhez illustre parfaitement comment la formation, l’engagement et les partenariats internationaux peuvent ouvrir la voie à un développement local durable, porté par les jeunes et les femmes comoriennes.