En ce mois béni de Ramadan, les habitudes évoluent, les priorités changent et les comportements s’adaptent. Ce lundi 2 mars, correspondant au 12è jour du mois béni de ramadhwani, l’équipe d’Al-watwan est allée à la rencontre des citoyens dans la capitale, Moroni, pour prendre le pouls de la population.
Entre spiritualité renforcée, ajustements vestimentaires et rythme de vie modifié, les témoignages traduisent un mois vécu avec sérénité. Originaire de Sima à Ndzuani et enseignant à l’école primaire de Moroni Coulée, Anridane Abdallah se dit satisfait du déroulement du mois sacré. «Le ramadan se déroule bien, sous un climat agréable et pas trop ensoleillé. Il y a parfois l’absence de certains produits alimentaires, mais dans l’ensemble, tout se passe bien», a-t-il confié. Dans son quotidien, peu de bouleversements.
Il conserve sa tenue habituelle en journée : chemise et pantalon et opte pour le khamis (nkadou) pour se rendre à la mosquée en soirée. Côté spiritualité, il accomplit la prière du witr après le taraweh et privilégie la lecture du Coran plutôt que la pratique sportive. Au marché de Volo Volo, Mariama Hassane, vendeuse de piment, originaire de Hadjambu ya Hamahame, partage le même constat. «Les produits alimentaires sont en abondance. De ce côté-là, il n’y a aucun souci», a-t-il assuré. Ses habitudes vestimentaires restent inchangées. «Je porte les mêmes vêtements que durant les autres mois», a-t-il expliqué avec un large sourire.
Davantage de spiritualité, moins de sport
Elle accomplit la prière du witr au moment du suhur et, comme beaucoup d’autres personnes interrogées, elle délaisse le sport pour se consacrer davantage à la lecture du Coran.
Abdallah Ibrahim, vendeur de vêtements originaire de Dzahani la Washili, rend grâce pour le bon déroulement des dix premiers jours. «Dieu merci, de mon côté, il n’y a aucun problème», a-t-il dit. Il observe néanmoins un changement notable : «les gens sont plus charitables durant ce mois».
Le khamis, tenue favorite du mois
Lui-même a modifié son mode vestimentaire. «Avant le ramadan, je portais souvent un t-shirt et un pantalon. Maintenant, j’opte pour le khamis». Il accomplit la prière du witr après le taraweh et remplace le sport par de longues marches vers une mosquée éloignée pour prier. Originaire de Hahaya, Ayane Ali Ibrahim, passionné de football, affirme que le ramadan se déroule sans difficulté majeure, même s’il évoque les réalités économiques auxquelles il fait face tout au long de l’année. Il a également revu son style vestimentaire : «Avant, je portais des shorts. Maintenant, je mets le boubou pour la prière». Footballeur assidu, il adapte aussi son rythme sportif : «Je jouais au foot à 15 heures. Pendant le ramadan, après la rupture du jeûne, je fais seulement un petit footing».
Même constat chez Hamid Daime, étudiant originaire de Moya . «Le ramadan se passe bien. Je remercie Dieu car je parviens à jeûner malgré les efforts», a-t-il expliqué. Il reconnaît un changement dans son comportement et sa manière de s’habiller : «Avant, je mettais des shorts déchirés. Maintenant, je porte des pantalons et des habits plus respectueux comme le khamis». Il accomplit, lui-aussi, la prière du witr vers 3 heures du matin, au moment du suhur, et consacre son temps à la lecture du Coran et à l’écoute de prêches religieuses.
Un mois de recentrage
A travers ces témoignages, une tendance se dessine : le mois de Ramadan est synonyme de recentrage spirituel. Beaucoup délaissent le sport, adoptent des tenues plus traditionnelles, intensifient les prières et multiplient les lectures du Coran. À Moroni, malgré quelques contraintes liées au climat ou à l’approvisionnement, le mois sacré se vit dans un climat globalement apaisé. Entre foi renforcée et solidarité accrue, les citoyens semblent accueillir cette période avec reconnaissance et engageme.
Touma Said et Mohamed El Hadji Youhbaidat (stagiaire)



