La deuxième décade du mois sacré est déjà entamée et les commerçants commencent à marquer leurs places dans les rues de la capitale, pour les achats relatifs à la fête de l’Aïd-el-fitr. La mairie de Moroni a alors passé à l’acte 1, en numérotant les places que devront occuper les Commerçants. Ces derniers commencent à construire leurs stands.

 

Le chef de cabinet chargé de la voirie et président de la commission du ramadan à la mairie de Moroni a dévoilé les conditions et les dispositions mises en place pour permettre aux commerçants et aux revendeurs de pouvoir mener leurs activités dans les rues de la capitale durant les dix derniers jours du ramadan. Mourad Hassani annonce d’abord « un enregistrement obligatoire » des vendeurs à la mairie.

 Cette première étape ouvre la voie à un partage d’informations sur les conditions d’octroi et de jouissance de l’espace à attribuer. À l’entendre, l’inscription des places ne se limite pas exclusivement aux citoyens comoriens. Elle est ouverte à tous les citoyens de nationalités étrangères pourvu qu’ils se conforment à la réglementation en vigueur et aux dispositions prises par la mairie. Selon le responsable, la personne enregistrée se verra attribuer «un ticket d’installation avec un stand de 1,5 mètre» avec une obligation d’assurer la propreté des lieux.

 «Chaque revendeur ou commerçant disposera d’un sac-poubelle pour mettre ses ordures», a-t-il annoncé, avant de préciser que chaque vendeur a droit à un seul contrat qui sera signé entre lui et la mairie. «Cela veut dire qu’un vendeur n’aura pas droit à deux stands. Pour être inscrit, le vendeur remet une copie de sa carte d’identité et paie la somme de 15 000 francs avant la délivrance de son ticket sur lequel sont indiquées la place et la zone d’activité», a-t-il détaillé.


Mourad Hassani rassure sur les mesures de sécurité prises au niveau des stands et des environs. «Les travaux ont été entamés dès les premiers jours du ramadan, et les mesures nécessaires ont été prises par les préfets, les forces de l’ordre et la mairie de la capitale pour satisfaire les besoins qui s’imposent. Cette année, de nombreux aspects ont été prises en considération pour améliorer les conditions de travail des vendeurs», a-t-il expliqué.


La mairie de Moroni interdit la construction de stands en dur. Selon notre interlocuteur, des contrôles seront effectués constamment pour mieux sécuriser les activités. Mourad Hassane a informé aussi que les activités prendront fin «le 29é jour du mois de ramadan». Interrogé sur les dispositions prises, Sainati Ali, une revendeuse qui exerce dans la capitale a exprimé sa satisfaction. «Je trouve cette initiative appréciable par rapport aux autres années. Je suis une vendeuse dans un magasin mais je trouve très pratique de vendre mes objets dans la rue pour l’ambiance, je soutiens donc ces mesures», a-t-elle apprécié.

Un dispositif de surveillance et de sécurité

D’autres vendeurs jugent «des frais d’enregistrement  exorbitants». Pour sa part, Aboubacar Chamou, vendeur ambulant, originaire de Dzahadju, a apprécié les mesures prises pour encadrer les activités commerciales, même si, pour lui, « les places attribuées sont très limitées et que le tarif pour louer la place est un peu élevé ». Pour élargir un peu la place, certains commerçants combinent leurs stands pour avoir un espace un peu libre. 


De son côté, Fatoumia Abdillah, vendeuse originaire de Mwandzaza Mbwani est revenue sur les difficultés observées et les dépenses qu’on engage pour construire un stand. «Pour construire un stand, on dépense un peu plus de 40 000 francs, alors que les activités n’ont pas encore démarré pour de bon», a-t-elle déploré.