Alors que de nombreux citoyens et des organisations de la société civile plaident pour l’application de la peine de mort, la Commission nationale des droits de l’homme appelle plutôt à une justice rigoureuse et indépendante. Tout en soutenant les poursuites judiciaires, elle rejette les appels à la peine de mort.
Alors que l’émotion suscitée par l’assassinat de Naïcha Mmadi, il y a une semaine, a ravivé le débat sur l’application effective de la peine capitale, la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) précise, dans une déclaration transmise à Al-watwan par sa présidente, que «face aux appels à la peine de mort, notre position ne dépend ni de l’émotion ni d’une affaire précise. Elle repose sur notre mission légale et sur les engagements internationaux et régionaux des Comores».
«Le droit à la vie est fondamental. Il est consacré par l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et par l’article 4 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui dispose que tout être humain a droit au respect de sa vie et que nul ne peut en être arbitrairement privé», ajoute la déclaration.
Selon la Cndhl, «la tendance mondiale va» plutôt «vers l’abolition». «L’Onu appelle régulièrement à un moratoire universel. L’Union des Comores n’a procédé à aucune exécution depuis 1997 et est donc de fait en situation de moratoire », estime la commission.
Veiller au respect des droits de l’Homme
Se référant également «aux Principes de Paris», la Commission indique par ailleurs : «Nous soutenons une justice pénale efficace, indépendante et dissuasive. La réponse aux crimes graves doit passer par des enquêtes rigoureuses et des procès équitables, pas par une sanction irréversible». Elle ajoute encore que «nous comprenons la douleur populaire, mais les décisions prises sous l’émotion fragilisent l’État de droit. Notre mission est de veiller au respect du droit à la vie».
En somme, l’organe public chargé de veiller au respect des droits de l’Homme estime que sa «position rejoint celle de la grande majorité des institutions nationales des droits de l’homme à travers le monde, qui plaident pour le respect du droit à la vie et l’évolution progressive vers l’abolition de la peine de mort».



