Réunis en conférence de presse samedi 28 mars, les responsables du Mouftorat et des Affaires islamiques ont exprimé leur inquiétude face à la multiplication et la banalisation des propos irrespectueux proférés contre les ulémas et aux tensions observées dans les mosquées. Ils appellent à la responsabilité collective pour préserver la cohésion sociale et religieuse.

 

Le Mouftorat a organisé, samedi 28 mars, une conférence de presse en présence des ulémas, des responsables des affaires islamiques, ainsi que du directeur de l’Agence du hadj et de la oumra (Anho), Mohamed El Fatih Djamalylayl. Cette rencontre a porté principalement sur un phénomène qui prend des proportions inquiétantes : les insultes proférées régulièrement contre des ulémas sur les réseaux sociaux, mais aussi les incidents liés à l’interdiction d’accès à certains fidèles aux mosquées et à leur fermeture.

Au cours de cette conférence, le directeur de cabinet du Mouftorat, Dr Said Abdallah, s’est exprimé au nom de la plus haute institution religieuse et à l’ensemble des ulémas comoriens. «Nous exprimons notre indignation par rapport à ces attitudes inacceptables et nous appelons à la paix et à la stabilité dans les pays en ce moment de conflit dans le monde, où les pertes humaines et les destructions ne cessent de s’aggraver. Ce phénomène touche le monde entier, y compris les Comores», a-t-il déclaré.Par ailleurs, Dr Said Abdallah et ses collègues ont appelé les citoyens comoriens à préserver les valeurs religieuses, et à se liguer contre les injures proférées contre certains ulémas sur les réseaux sociaux, souvent en lien avec des conflits privés. 

Appel à la vigilance

Dans le même esprit, il a insisté sur «l’importance du respect mutuel envers les ulémas et l’ensemble des citoyens», tout en encourageant «chacun à écouter les opinions divergentes avec un esprit de tolérance». Il a également appelé à «fixer des limites dans les échanges publics et à éviter de s’exprimer sur des sujets mal maîtrisés par certains prêcheurs».En outre, la Mouftorat a exhorté le ministère de l’Intérieur, celui de l’Information ainsi que les institutions concernées à «instaurer des règles encadrant les prises de parole dans les médias», dans le but de préserver la paix sociale.

Le directeur de cabinet a également rappelé le rôle fondamental des mosquées. «Les mosquées ne doivent pas devenir des lieux de débats politiques, culturels ou de conflits, mais des espaces sacrés dédiés à la prière et aux pratiques religieuses. Tout usage contraire peut entraîner des mesures telles que des fermetures ou des arrestations».De son côté, le directeur de l’Agence nationale du hadj et de la oumra (Anho), Mohamed El Fatih Djamalylayl, a insisté sur «la nécessité du respect mutuel et sur la distinction entre les affaires religieuses et les affaires quotidiennes».

Enfin, le chef du service des écoles coraniques à la direction générale des Affaires islamiques, Dr Ibrahim Nassuf, a appelé à « la vigilance et à la prévention face aux comportements inappropriés». Il a notamment mis en garde contre la multiplication et la banalisation des insultes envers les ulémas sur les réseaux sociaux, soulignant que cela «pourrait conduire à l’adoption de mesures plus strictes».