Chaque année, pendant le mois de Ramadan, les mosquées vivent au rythme des pratiques religieuses régulièrement recommandées. Les familles se réunissent et les habitudes quotidiennes changent. Mais pour une grande partie de la jeunesse, le jeûne se vit désormais à l’ombre des écrans, entre spiritualité, distractions numériques et nouvelles formes d’influence.
Smartphones à la main, écouteurs collés aux oreilles, de nombreux jeunes passent une partie importante de leurs journées sur TikTok, Instagram ou WhatsApp. Pendant les heures de jeûne, certains reconnaissent que le temps passé à regarder des vidéos dépasse parfois celui consacré à la lecture du Coran ou à la participation aux dars (prêches religieux) dans les mosquées.
Youssouf Abdou, 22 ans, étudiant à Moroni, s’est confié et avoué ceci. « Au début du Ramadan, je me fixe toujours l’objectif de lire au moins un hizb par jour. Mais souvent, je prends mon téléphone pour cinq minutes et je me retrouve une heure plus tard à regarder des vidéos», a-t-il expliqué.Même constat pour Amina chaabane, 19 ans. «Les réseaux sociaux me distraient beaucoup. Parfois, je regarde des rappels religieux en ligne, mais souvent je tombe sur des contenus qui n’ont rien à voir avec le Ramadan», a-t-elle déclaré.
Des prêches via le téléphone
Tous les jeunes ne voient pas les réseaux sociaux comme un obstacle. Certains y trouvent au contraire une source d’inspiration religieuse et voient, pendant cette période de jeûne, une opportunité de remise en question : réduction du temps passé en ligne, participation accrue aux prières nocturnes, engagement spirituelle.Salim Dahalane, âgé de 24 ans, a, de son côté, expliqué qu’il suit des prêcheurs en direct car il y a des rappels courts et motivants. Et de reconnaitre que cela aide à rester concentré sur le jeûne.
En effet, les plateformes numériques regorgent de vidéos de rappels, de lectures coraniques et de conférences religieuses accessibles en quelques clics. Pour une génération habituée à la consommation rapide d’informations, cette forme de spiritualité numérique peut sembler plus adaptée que les longs sermons traditionnels.
Cependant, plusieurs imams interrogés notent une baisse de fréquentations des dars en présentiel, notamment chez les plus jeunes. «La mosquée reste un lieu d’apprentissage et de discipline spirituelle. L’écran ne peut pas remplacer totalement cette expérience», a souligné Mhamadi Ibouroi, un prédicateur de la mosquée de vendredi de Fumbuni.



