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Route Domoni Ndzuani : «Le calvaire bientôt derrière nous»

Route Domoni Ndzuani : «Le calvaire bientôt derrière nous»

Société | -

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Autrefois surnommé la perle de Ndzuani, Domoni avait quelque peu perdu sa couronne. Circuler en ville était un calvaire pour les usagers. Le mauvais état de la route est passé par là comme d’ailleurs dans plusieurs endroits du pays. La destination, jadis prisée, est boudée par les touristes. La culture de rente très repandue dans la région menacée. L’espoir commence à renaitre avec la remise à niveau de la route qui traverse la ville. Reportage à Domoni

 

Important carrefour d’échanges avec l’Afrique et l’Orient au VIème siècle, Domoni a tout d’une ville à la fois pittoresque et moderne – sa vieille ville, ses murailles et ses petites ruelles, son centre-ville et ses rues commerçantes très animées au milieu de la journée, son quartier d’affaire et les banques trônant à l’entrée de la ville. La splendeur de cette cité millénaire, autre appellation, a pris un sérieux coup, par l’état de dégradation avancé de ses routes. Les travaux en cours  commencent à redonner le sourire à tous les habitants de la ville. De prime à bord, les professionnels du tourisme qui ont assisté  impuissants au ralentissement progressif de leurs activités durant plusieurs années.


«L’aménagement des routes de Domoni va booster  le développement des activités touristiques. Nous espérons l’afflux massif  des touristes qui viendront visiter, ne serait-ce que la médina ou les infrastructures hôtelières que nous disposons. Et ça sera une bouffée d’oxygène pour l’économie de la ville, voire même du pays», se réjouit Ahamadi Abdou M’madi employé de Loulou Motel, nostalgique du temps où son hôtel d’une capacité de 20 lits affichait complet. Ce dernier entrevoit une lueur d’espoir d’un retour probable à la normale après des années de vache maigre.  «Le mauvais état de nos routes avait en effet limité la mobilité des gens. Un facteur qui a aussi freiné l’affluence des touristes dans la ville, si non dans le pays. Conséquence, les hôtels sont désemplis. Mais l’espoir demeure quant à la reprise des activités», s’est-il félicité.


De l’endurance, les Domoniens l’ont supporté durant une quinzaine d’années, à en croire la plupart des personnes interrogées. Se déplacer d’un coin à un autre à l’intérieur de l’agglomération, était une entreprise périlleuse notamment pour les automobilistes. «La route était envahie partout par des nids de poules au point qu’on rencontrait des difficultés à rouler. Pour aller quelque part, on avait de la réticence. Aujourd’hui, j’ai bon espoir, car on était dans le désespoir,  tellement la situation était éprouvante. Maintenant c’est différent et cette fois-ci, c’est la bonne car on nous a miroité des promesses immédiates», se rappelle Fayad Mohamed, chauffeur de la ligne Mutsamudu-Domoni. «Nous sommes très contents de la réfection de cette  route. Car  on était gagné par le doute  qu’un tel bien ne verra pas le jour. Aujourd’hui le président l’a réalisé. Nous espérons que le meilleurs, pour nous, restent à venir», a renchéri Nassufa Ahmede rencontrée près du mausolée du père de l’indépendance, feu Ahmed Abdallah Abderemane.


Ahmed Mohamed Elamine se remémore non sans amertume des 15 ans de souffrance et autant des promesses de Gascon. Ce cadre de la ville de Domoni très confiant des avancées des travaux, loue au passage le président de la République pour avoir tenue sa promesse. «Nous sommes agréablement touchés par ce geste, parce que l’aménagement de cette route va mettre fin à nos contraintes. On était pris de tristesse une fois à Domoni, parce qu’on ne cessait pas de se demander  comment l’on peut se rendre à Banda Ngombe ou Pengwaju, là où nous sommes. Même les voitures avaient le mal du monde à circuler. Les domoniens se doivent d’être reconnaissants dans le sens où les travaux sont en cours et qu’il ne reste que des finitions», a-t-il déclaré.

 


Hormis quelques difficultés rencontrées au tout début du lancement des travaux, le chantier avance à merveille comme l’a souligné le chef de groupe de l’entreprise Chine Geo, Omar Malide. «Les travaux passent bien. Toutefois, il y a eu quelques incompréhensions, au tout début, dues à des tuyaux qui n’ont pas été enlevés, parce que les gens ne croyaient pas au projet, car ils ont souffert longtemps. Mais dès que nous avons commencé les travaux, ils les ont retiré», a-t-il assuré.  «Nous avons fait un premier terrassement consistant à enlever l’ancien goudron. Dans quelques jours, nous allons procéder au remblayage avec de la pouzzolane. Et enfin la pose du bitume», a-t-il poursuivi. Le président de la République a déclaré l’année 2018, année de la remise à niveau des routes. Un engagement qui se concrétise positivement.

Le directeur administratif financier au minister des Finances, Abdoussalam, comme beaucoup de citoyens, se dit optimisme quant au respect  de cette  promesse. «Ce que je peux dire ce n’était pas un rêve nocturne parce qu’il y a des réalisations concrètes. Je peux citer des exemples comme le cas de la route Washili-Dimani, celle de Hahaya-Mitsamiuli. Il y a d’autres chantiers comme celui de Moroni –Foumbouni qui commencera sous peu. Il n’y a pas que Ngazidja. Il y aussi à Ndzuani, notamment le route Mutsamudu-Sima, ou celle de Dindri-Lingoni. A Mwali également, Fomboni-Miringoni ou Wanani-Miringoni, si je ne me trompe pas», fait-il observer. Et d’ajouter que les chantiers continuent, notamment les routes secondaires, citant celle de Koimbani-Oichili vers le rond-point de Shomoni, celle d’Iconi-Mwandzaza ou la transversale, Telma vers la corniche dans la capitale. Des chantiers financés sur fonds propres.

M.Mbaé et Ibrahim Youssouf

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