À Ndzuani, les travaux de la route reliant les régions de Domoni et Nyumakele ont progressé jusqu’à Manyasini. Un projet porteur d’espoirs économiques, mais marqué par des contraintes techniques et des impacts sur le quotidien des habitants.

 

Le chantier de la route reliant Domoni à Nyumakele progresse, avec des travaux de terrassement qui atteignent désormais le village de Manyasini. Le projet couvre 14 kilomètres pour une durée de 18 mois. Financé à hauteur de 7 milliards de francs comoriens par la Banque africaine de développement (Bad), il s’inscrit dans une dynamique plus large d’amélioration du réseau routier à Ndzuani et à Mwali.Sur le terrain, les premières opérations de terrassement sont visibles. Le directeur régional des travaux publics à Ndzuani, Mohamed Abdou, s’est rendu sur place vendredi dernier pour constater l’état d’avancement du chantier et échanger avec les équipes. Les travaux portent notamment sur la préparation de la chaussée et la mise en place de caniveaux. Des panneaux de signalisation ont été installés tout au long de la route afin d’encadrer la circulation et de limiter les risques d’accident.


Le directeur a apporté des précisions sur l’évolution du projet et les perspectives à venir. «Les travaux de la route reliant Domoni à Nyumakele ont débuté pendant le ramadan. Aujourd’hui, nous sommes dans la phase de terrassement. Les caniveaux sont en cours de réalisation afin d’assurer un bon écoulement des eaux et de protéger la chaussée. Nous demandons aux usagers de faire preuve de prudence, car le chantier est en pleine activité et les dispositifs de signalisation doivent être strictement respectés», a-t-il indiqué. Poursuivant, il a évoqué les perspectives d’autres projets routiers dans la région. «Concernant la route de Mutsamudu, sur le tronçon Page–Bambao la Mtsanga, un financement est prévu à l’horizon 2027. Nous espérons lancer les travaux avant même la fin du chantier Domoni–Nyumakele. Le principal défi était le financement, que nous avons désormais sécurisé. Nous sollicitons la compréhension de la population face aux désagréments temporaires», a-t-il ajouté.

Les raisons du ralentissement

Le même vendredi, dans une cérémonie à Bambao la Mtsanga, le gouverneur de Ndzuani, Zaidou Youssouf, est revenu sur les raisons du ralentissement dans l’exécution des travaux routiers. «Il n’y a malheureusement qu’une seule entreprise mobilisée pour ce type de travaux à l’heure actuelle, ce qui limite considérablement le rythme d’exécution des chantiers. Cette situation explique en partie les retards constatés sur certains projets en cours. La recherche d’autres entreprises capables d’intervenir sur l’île est en cours afin de répondre aux besoins croissants en infrastructures routières», a-t-il déclaré.

Du côté des habitants de la région de Nyumakele, l’enthousiasme est réel, malgré certaines difficultés liées aux travaux. Une résidente de Manyasini salue l’initiative tout en attirant l’attention sur ses impacts au quotidien.  «Nous sommes très reconnaissants pour le lancement de ces travaux, car c’est un projet attendu depuis longtemps. Cela représente un véritable espoir pour notre localité. Toutefois, certaines tuyauteries ont été endommagées, compliquant notre accès à l’eau. Nous demandons des réparations rapides, car il est difficile de vivre sans eau», a-t-elle confié. 


Cette habitante a insisté également sur les retombées économiques attendues. «Cette route facilitera les déplacements et favorisera le développement d’activités génératrices de revenus. Avec un meilleur accès, nous pourrons écouler nos produits plus facilement et dynamiser les échanges dans la région», a-t-elle ajouté. Pour Sofiane Attoumane, habitant de la région, «cette infrastructure était espérée depuis des années, tant l'ancienne route était dégradée et dangereuse. Aujourd’hui, nous observons une amélioration concrète. Cette infrastructure était attendue depuis des années, presque comme un rêve pour les habitants», a-t-il confié.