La disparition présumée de 15 ressortissants comoriens au large de l’Espagne inquiète les familles mobilisées pour obtenir des informations. Dans une vidéo publiée lundi 18 mai, l’avocat Me Said Larifou annonce avoir lancé «un avis humanitaire international urgent concernant la disparition de plusieurs ressortissants comoriens engagés sur les routes migratoires reliant l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb à l’Espagne».
Mandaté par plusieurs familles, l’avocat affirme vouloir mobiliser les autorités et les organisations internationales afin de retrouver la trace de ces quinze jeunes disparus depuis leur tentative de traversée clandestine vers l’Europe.
Selon l’avocat, «l’histoire date d’il y a un an et non de ces dernières semaines », comme l’ont relayé plusieurs pages à travers les réseaux sociaux. Contacté, le conseiller à l’ambassade de l’Union des Comores au Maroc, Mohamed Inoussa, pense « qu’ils sont portés disparus dans une autre région que celle où il est accrédité », probablement entre Dakar et Mauritanie ou Lybie. Une information qu’il nous a fait parvenir après avoir visité certains camps de migrants à Laayoune et contacté les brigades de gendarmerie de la zone.
«Effectivement, l’histoire date de l’année dernière. J’ai dû me déplacer trois fois et entamer diverses démarches en Mauritanie et au Maroc», a confirmé Said Larifou. Et de poursuivre : «Selon les informations recueillies auprès des proches des victimes, les ressortissants comoriens auraient quitté les côtes africaines à bord d’embarcations de fortune dans l’espoir de rejoindre le territoire espagnol. Depuis leur départ, les familles disent être plongées dans l’angoisse, sans aucune nouvelle officielle concernant le sort de leurs proches».
«L’avis précise qu’aucune épave n’a été officiellement retrouvée jusqu’à présent, qu’aucun décès n’a été formellement identifié et qu’aucune liste de survivants n’a été communiquée par les autorités compétentes. Les opérations de sauvetage menées dans la zone n’auraient pas non plus permis d’établir avec certitude ce qu’il est advenu des migrants disparus ».
Des signes intermittents sur les comptes WhatsApp
Dans le cadre des recherches, plusieurs démarches humanitaires auraient déjà été entreprises dans différents pays de transit, notamment en Mauritanie. Des visites de centres de rétention, des échanges avec certaines autorités administratives et sécuritaires ainsi que des investigations communautaires ont été menés, sans qu’aucune localisation certaine des disparus ne puisse être confirmée. Toutefois, selon l’avocat, plusieurs familles auraient constaté des signes intermittents sur certains comptes WhatsApp et Messenger appartenant aux personnes portées disparues.
«Ces éléments numériques, relevés après leur disparition, alimentent l’espoir que certains migrants puissent encore être en vie, possiblement retenus, détenus, hospitalisés ou en situation de grande vulnérabilité dans un pays de transit». L’avocat indique également que «des démarches techniques ont été engagées afin d’obtenir des vérifications permettant l’exploitation des dernières données téléphoniques et numériques disponibles».
À ce stade, aucune avancée décisive n’aurait cependant été obtenue. Dans son communiqué, Maître Said Larifou insiste sur le caractère strictement humanitaire de cette initiative, rappelant le droit des familles à connaître le sort de leurs proches ainsi que les obligations internationales de protection des personnes vulnérables sur les routes migratoires.
«Les familles demandent notamment la vérification des centres de détention et structures migratoires, la consultation des registres hospitaliers et mortuaires, l’examen des opérations maritimes de sauvetage ou d’interception ainsi que toute coopération technique susceptible d’aider à la localisation des disparus», mentionne le document consulté par Al-watwan.
Le document précise enfin que cet avis humanitaire sera transmis aux autorités compétentes de Mauritanie, du Maroc, d’Algérie, de la Libye et d’Espagne, avec les photos des quinze disparus, ainsi qu’à plusieurs organisations internationales, notamment Organisation internationale pour les migrations (Oim), Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Comité international de la Croix-Rouge et Organisation internationale de police criminelle.





