Réunis à Washili, chauffeurs et responsables du chantier RN3-RN4 ont alerté sur les excès de vitesse et l’incivisme, et ont appelé à une mobilisation collective pour préserver la sécurité routière.
En fin de journée du lundi 6 avril dernier, une rencontre de sensibilisation à la sécurité routière s’est tenue entre les chauffeurs de transport de la région de Washili et la société Wietc, en charge de la réhabilitation de la route nationale Bahani–Gte–Ipvoini. Organisée au siège de l’entreprise, cette réunion a mobilisé un grand nombre de conducteurs, dont les membres de la cellule syndicale Usukani wa masiwa de Washili. L’objectif a été de rappeler les règles de sécurité dans les zones de chantier et de renforcer la collaboration entre les usagers et les équipes techniques.
Face aux transporteurs, l’expert environnemental et social de la mission de contrôle du projet (Geci), Ibrahim Abdallah Mmadi, a pointé du doigt certains comportements à risque, notamment l’excès de vitesse et le non-respect des consignes de circulation. Selon lui, ces pratiques contribuent au léger retard observé dans l’avancement des travaux. Il déplore en particulier que certains conducteurs, notamment de bus et de taxis, circulent à vive allure sur des sections en cours d’enrobage, mettant en danger les ouvriers, notamment les agents de régulation du trafic. «La nuit, malgré la présence des régulateurs, certains automobilistes franchissent les balisages et roulent sur des zones en phase d’accrochage. Le lendemain, l’entreprise est contrainte de retirer le bitume et de refaire les travaux», explique-t-il.
L’expert estime que le recours à la police nationale pour appuyer la régulation aurait pu être évité si les conducteurs respectaient les panneaux de signalisation. Il appelle ainsi à une prise de conscience collective pour garantir la sécurité des ouvriers et des usagers.
Les avancées du chantier
De son côté, l’environnementaliste de la société Wietc, Ratsimijanona Hermamonjy Lovasoa, soutient que des séances de sensibilisation sont organisées chaque matin auprès des employés. Toutefois, elle reconnaît que les actes d’incivilité de certains chauffeurs compliquent le travail sur le terrain. « Nous espérons ne pas avoir à saisir la direction des routes pour des mesures restrictives», prévient-elle.
En conclusion, Ibrahim Abdallah Mmadi a insisté sur la nécessité de réduire la vitesse, y compris sur les tronçons déjà enrobés, alors que les travaux de finition doivent débuter à partir du 15 avril 2026, notamment depuis Bahani. « Aucun accident n’a été enregistré jusqu’ici. Nous comptons sur vous pour que cela continue. Rouler à 80 km/h dans une zone balisée reste un excès», rappelle-t-il.Prenant la parole au nom des chauffeurs, Zaid Ahmed Cheikh, ancien porte-parole du syndicat Usukani wa masiwa et fondateur de la cellule de Washili, a salué l’initiative et les avancées du chantier. Il s’est engagé à relayer les messages de sensibilisation auprès des autres conducteurs, y compris ceux qui ne sont pas de la région.
Ce dernier a également annoncé la tenue prochaine de réunions internes pour envisager des mesures correctives face aux comportements à risque, allant des amendes au retrait du permis de conduire.
Il a enfin interpellé les passagers, souvent accusés de pousser les chauffeurs à rouler plus vite. «Nous reconnaissons certaines erreurs de la part des transporteurs. Mais les passagers doivent cesser de mettre la pression sur les conducteurs. Des mesures seront prises pour protéger toutes les parties», a-t-il promis.



