Depuis plusieurs années, Volo-volo rassemble plusieurs personnes de différents horizons et différents profils avec un seul objectif : rompre le jeûne dans une atmosphère chaleureuse.


Moroni, la capitale de l’Union des Comores, attire étudiants, commerçants et chercheurs d’opportunités venus des différentes régions du pays. Beaucoup s’y installent seuls, laissant derrière eux leurs familles dans l’espoir pour le boulot ou les études. Cette réalité sociale apparaît avec une acuité particulière durant le mois de ramadan, lorsque l’iftar, le repas de rupture du jeûne, se prend de plus en plus souvent loin du domicile familial.


À l’approche du soir, le marché de Volo-volo ralentit sans jamais s’interrompre totalement. Les taxis déposent leurs derniers clients, les motos se faufilent entre les étals, et chacun cherche un endroit où s’installer pour rompre le jeûne, à défaut de pouvoir regagner son village. Les odeurs de pain traditionnel (futra, couscouma) se mêlent à celles des brochettes de viande, de poulet et de poisson grillés. Les regards oscillent entre le ciel et les écrans de téléphones, dans l’attente du signal marquant la fin du jeûne.


Pour beaucoup, ces instants constituent un moment de réconfort, même en dehors du cadre familial. Abdallah Zainou, originaire de Ndzauze ya Mitsamihuli et installé seul à Moroni, explique qu’il ne cuisine presque pas pendant cette période. «Je préfère venir rompre le jeûne ici», confie-t-il. Habitué des lieux depuis quatre ans, il assure que «l’ambiance est toujours au rendez-vous ». Et d’ajouter : «On rencontre du beau monde et c’est plaisant, franchement c’est une belle expérience à vivre».


À quelques mètres de là, Mariama Hakim, employée dans une boutique à la Coulée, adopte la même habitude lorsqu’elle termine tard. «Le temps de renter au village, je risque d’arriver en retard. Alors je viens pour manger tranquillement ici. Certes ce n’est pas la même chose qu’à la maison, mais ça aide», précise-t-elle. Arrivé par bateau depuis Ndzuani le vendredi 20 février, Salim raconte avoir demandé conseil dès son arrivée au port. «Au port, on m’a toute de suite indiqué Volo-volo et pour être franc, je ne suis pas déçu», se réjouit-il.

Il devait rejoindre Wellah ya Mitsamihuli, mais l’heure tardive et la rareté des liaisons après 18 heures l’ont convaincu de rester. Pour les vendeurs, l’affluence est notable. Ali Hamiss, vendeur de brochettes, observe l’évolution. «Au tout début, c’était quelques clients habitués qui venait manger ici. Mais ça a changé depuis quelques années. C’est devenu un lieu très fréquenté, surtout par les voyageurs et les chauffeurs de taxi», observe-t-il. 


Hamidati Malide, vendeuse de mkatra foutra, confirme : «Le mois de ramadan est une période particulièrement rentable sur le plan économique. Je vends beaucoup pendant ce mois que durant les autres mois puisque les gens préfèrent acheter ici pour manger directement et continuer leurs activités. Alhamdoulillah, c’est une bonne période pour nous». Au fil du temps, Volo-volo s’impose ainsi comme un point de ralliement à l’heure de l’iftar. Et si le repas familial demeure irremplaçable, ces ruptures collectives offrent une alternative solidaire et pragmatique à ceux qui vivent loin des leurs.